A l'occasion de la publication des comptes 2002 des entreprises, la Commission des opérations de bourse (COB) leur a lancé un avertissement concernant la présentation de leurs résultats financiers. La Commission estime en effet que, d'ores et déjà, " 10 groupes sur 23 ayant publié leurs résultats ont eu recours à des termes financiers à caractère non strictement comptable et sans définition précise, pour commenter leur rentabilité ou la trésorerie générée par leur activité ". Si la COB ne donne pas les noms des entreprises visées, sa démarche constitue toutefois une grande première, car elle n'avait jamais rendues publiques ses recommandations aux entreprises. Le climat de méfiance né de l'affaire Enron, renforcé par le dossier Vivendi explique sans doute cette démarche inhabituelle, qui vise à rassurer les investisseurs. La Commission reproche aux entreprises d'utiliser des termes anglo-saxons (" Ebit " ou " Ebit stratégique ", " Ebitda ", " free cash flows ", " cash flows libres ", " cash flows disponibles ", " free cash flows opérationnels ", " résultat récurrent "), qui certes " peuvent répondre à une attente particulière des investisseurs ou des analystes ", mais ne correspondent pas au référentiel français. " Les indicateurs qui ne relèvent pas de définitions strictement comptables dans le référentiel français nécessitent d'être définis avec précision et utilisés de manière stable d'un exercice sur l'autre " , prévient la COB, qui annonce son intention " d'être particulièrement vigilante à la bonne application de ces règles " et de " demander une rectification immédiate aux émetteurs qui ne respecteraient pas ces principes ". "Nous voulons marquer le coup à chaud, car malgré les recommandations des années précédentes, beaucoup d'entreprises et non des moindres, ont eu recours à des normes n'existant pas dans la comptabilité française", a déclaré à l'AFP Hubert Reynier, chef du service des opérations et de l'information financière de la COB.
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