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Créé en 1966 par le groupe américain Newmont Mining Corporation (NCM), le groupe New crest Mining, aujourd'hui indépendant, s'est spécialisé dans l'exploration et l'exploitation des gisements d'or et de cuivre. L'entreprise gère plusieurs mines en Australie ainsi que deux concessions en Indonésie sur l'île d'Halmahera.
Le groupe a publié son premier rapport RSE lors de l'exercice 2002. Ce rapport succinct de 8 pages présente la philosophie RSE du groupe, et notamment ses engagements environnementaux et sociaux. Les différents aspects de la gouvernance ont en effet été traités antérieurement avec exemplarité. Le conseil d'administration est composé de 6 administrateurs non exécutifs, dont 5 sont totalement indépendants. Le groupe s'est en outre doté d'un Code de Conduite qui s'applique à tous ses salariés, y compris les membres de la direction générale.
Une conduite sans reproche en Australie
Les pratiques de NCM en Australie semblent se rapprocher des meilleures pratiques du secteur. L'entreprise a signé le Code de Gestion Environnemental (CGE) initié par l'association des industries extractives australiennes qui vise à amoindrir les impacts environnementaux et sociaux de l'exploitation minière. Le CGE insiste en particulier sur la reconnaissance de l'importance des dommages environnementaux que l'industrie peut occasionner et sur la nécessité de mettre en place une gestion environnementale tout au long du processus d'exploration, d'exploitation et de fermeture des gisements miniers.
Suite à l'approbation du CGE, les performances RSE de Newcrest Mining semblent en croissance sensible : l'entreprise a obtenu en 2002 une note supérieure à l'évaluation faite en 2000 (63 % contre 43%). L'entreprise a ainsi réduit de 12% l'utilisation de gazole par once d'or produite (transport compris), et à stabiliser ses émissions de CO2. Elle s'est également lancée dans d'importantes initiatives communautaires auprès des aborigènes en soutenant, par exemple, un programme de formation des aborigènes chomeurs de longue durée dans la région australienne de Pilbara.
La seule ombre à ce tableau réside dans une certaine faiblesse de son information envers les investisseurs. "Dans un nouvel exemple de mauvaise communication, NCM n'a pas informé les marchés des nouvelles démonstrations de violences ayant éclaté sur le site de son projet d'exploitation aurifère dans l'est de l'Indonésie," rapporte Stephen Mayne de Crikey.com.au, un site australien indépendant.
D'importants dérapages éthiques en Indonésie
Newcrest Mining est présent en Indonésie depuis 1990. L'exploration de certaines zones a permis de découvrir en 1992 d'importants gisements aurifères sur l'île d'Halmahera. L'entreprise, via sa filiale locale PTNHM, dispose d'une concession sur la mine de Gosowong depuis 1997, et l'exploite depuis 1999. Les dérapages de l'entreprise ne proviennent pas directement de cette mine mais d'un gisement voisin découvert par la suite. Le gisement de Toguraci est situé dans la zone concédée par le gouvernement indonésien en 1997 mais il est aujourd'hui théoriquement inexploitable suite à la promulgation de la loi 41 sur l'extraction forestière de 1999. Cette loi interdit notamment l'exploitation minière à ciel ouvert dans les forêts protégées, ce qui est le cas de la forêt de Toguraci. En collaboration avec ses principaux concurrents, NCM s'est engagé dans un lobbying actif auprès du gouvernement indonésien pour faire abroger ou remanier cette loi. De nombreuses entreprises membres de l'ICMM (l'association international des entreprises minières) souhaitent en effet développer leurs opérations dans des pays à faible coûts, tant en coûts salariaux qu'en matière d'investissements environnementaux. Ce lobbying a porté ses fruits. En mai 2003 sur instructions du Président Wahid, PTNHM a obtenu le droit d'exploiter la mine de Toguraci par le ministère indonésien des forêts. Cette décision préfigure les amendements qui devraient être apportés afin de retirer du texte les clauses de rétroactivité d'application de la loi. Cette décision ministérielle était un préalable pour que NCM puisse exploiter cette mine en conformité avec ses engagements au sein du CGE. On est toutefois en droit de se poser des questions sur la nature de ce lobbying. D'après nos informations, l'assistance du gouvernement australien aurait été demandé pour faire pression sur le gouvernement indonésien. Bien que beaucoup moins corrompu qu'au temps du Président Suharto, le pouvoir actuellement en place reste relativement faible et est toujours soumis aux pressions des proches du Golkar.
Le litige autours de l'exploitation de la mine de Toguraci a également eu des répercussions dramatiques. En janvier 2004, un manifestant indonésien a trouvé la mort suite à l'intervention des forces de l'ordre. Les forces spéciales du Brimob auraient tiré sur les manifestants. La situation demeure confuse. Les ONG environnementales déclarent en effet qu'il s'agissait d'une manifestation d'opposants à l'exploitation minière de la forêt de Toguraci, alors que NCM affirme qu'il s'agissait de mineurs squatters qui essayaient d'exploiter ce gisement. Quelles que soient les motivations réelles de cette foule et en tenant en compte du fait que PTNHM n'ai pas fait appel aux forces de l'ordre, on peut s'interroger sur l'impartialité de la police indonésienne dans cette affaire. Les salaires des forces de l'ordre de cette région dépendent en effet partiellement de la manne apportée par PTNHM. Selon une pratique courante en Indonésie, l'entreprise participe au maintien des forces de l'ordre, et contribue à hauteur de 700 dollars par jours aux coûts liés à la présence d'une centaine de policiers sur sa concession. Les pratiques de NCM en Indonésie paraissent donc être assez éloignées de la politique RSE qu'elle affiche dans sa communication institutionnelle.
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