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La création de structures dédiées à la RSE est un phénomène récent dans les entreprises japonaises. L'entreprise d'électronique Ricoh, qui fait pourtant partie des leaders de la RSE nippone, ne s'est dotée d'une direction spécifique qu'en janvier 2003. Malgré ce démarrage tardif, près de 30% des entreprises japonaises interrogées par le Keizai Doyukai (l'association des dirigeants japonais) ont déclaré s'être doté d'un service RSE fin 2003. Bien que le mouvement ait été initié par les groupes multinationaux, la mise en place de systèmes de gestion responsable des achats contribue à diffuser la RSE dans les entreprises servant prioritairement le marché national.
De plus, l'éveil nippon à la RSE ne semble pas être de façade. La nécessité de mieux protéger l'environnement fait aujourd'hui consensus dans la société japonaise. Le très puissant MITI, le ministère de l'industrie et du commerce, a émis une série de recommandations destinées à réduire l'impact écologique des acteurs économique qui ont été massivement suivies.
Atteindre l'Eco suffisance
Les objectifs environnementaux du gouvernement japonais sont ambitieux. Il s'agit de permettre au pays d'atteindre l'Eco suffisance grâce à la mise en place de systèmes de production industriels et énergétiques durables. Différents facteurs favorisent la prééminence des questions environnementales. Les objectifs japonais de réduction de 6% des émissions de carbone d'ici 2008 à 2012 a poussé les entreprises à se doter de systèmes de gestion environnementale et à publier l'évolution de leurs impacts. La majorité des entreprises japonaises, notamment manufacturières, se sont donc dotées d'une stratégie en la matière et publient un rapport environnemental.
La prise en compte des différents impacts de leurs activités ne doit toutefois pas occulter le goût immodéré des Japonais pour les certifications ISO. Avec plus de 10 000 certifications ISO14001, les entreprises japonaises cherchent les outils de validation de leurs investissements environnementaux. Ces investissements se portent également sur l'Eco conception des produits et sur l'innovation environnementale.
La gouvernance : le chantier actuel
L'évolution de la structure capitalistique japonaise ainsi que les scandales Enron et WorldCom ont provoqué une mutation des relations actionnaires-entreprise. Le démantèlement des participations croisées entre les entreprises et les banques mais aussi la montée en puissance des investisseurs étrangers sur la place de Tokyo ont poussé le gouvernement japonais à régulièrement réviser les règles de gouvernance prévues par le Code des entreprises.
Les efforts des entreprises pour réformer leurs structures de décision et de contrôle commencent à se faire sentir. Le nombre d'administrateurs tend à diminuer et la nomination d'administrateurs indépendants n'est pas rare. L'indépendance du conseil d'administration est toutefois loin d'être assurée dans la majorité des entreprises nippones, et les entreprises dotées de comités d'audit sont encore rares.
La dimension sociale : le parent pauvre
Les considérations sociales n'apparaissent pas réellement comme prioritaires aux investisseurs et aux entreprises nippones. L'introduction de la notion stricte de responsabilité sociale de l'entreprise est un concept nouveau pour les japonais. Le fait que les grands groupes offrent des conditions d'emplois privilégiés et que le syndicalisme nippon repose plus sur la concertation que sur la confrontation ne sont sûrement pas étranger à ce désintérêt relatif. Le fait que seules 50% des grandes entreprises japonaises publient un rapport RSE complet (Social, Environnemental et Ethique), alors qu'elles sont 78% à produire un rapport environnemental, illustre cette situation.
Les choses évoluent progressivement. Suivant l'exemple donné par certaines entreprises occidentales, les grands groupes internationaux japonais commencent à se doter de codes déontologiques de gestion des achats qui intègrent la dimension sociale. Ces progrès sont toutefois essentiellement le fruit de la volonté des entreprises de se mettre en conformité avec les principales réglementations internationales en vigueur. Il est toutefois vraisemblable que cette intégration des considérations sociales dans la stratégie des entreprises continue. L'évolution du rôle des femmes dans les entreprises japonaises semble être un sujet dont la réforme devient imminente, le vieillissement de la population japonaise poussera en effet les entreprises à redéfinir leurs stratégies de recrutement.
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