|
Nouveau pas vers la suppression des sacs de caisse gratuits : Intermarché et Ecomarché, au nom de leur politique du développement durable, ont décidé d'arrêter la distribution de ces sacs. Le groupement des Mousquetaires, maison mère de ces enseignes, met en avant les résultats d'une enquête CSA pour le WWF d'avril 2005 selon laquelle " 89% des personnes qui utilisent encore des sacs de caisse traditionnels sont prêtes à opter pour des sacs réutilisables." Alors, après avoir informé et sensibilisé leurs clients par voie d'affichette " Pensez à vous équiper en sacs réutilisables " depuis la mi-septembre 2005, et avoir testé cette décision en installant des " caisses nature " sans sacs gratuits depuis avril 2005, le groupe vient de généraliser l'initiative à l'ensemble de ses 1 800 points de vente. Dorénavant, les clients d'Intermarché et d'Ecomarché devront donc se munir de leur cabas ou acheter, à la caisse, un sac réutilisable. Sont ainsi proposés un sac souple en polyéthylène, de contenance moyenne, au prix de 0,10 euros, un sac biodégradable, à base d'amidon de maïs, vendu 30 centimes d'euros, un sac-cabas renforcé de grande contenance à 0,59 euros et un sac isotherme pour les achats de produits surgelés.
Moins 35 % de sacs en 2 ans
Les initiatives se multiplient, même si les enseignes n'en sont pas toutes au même niveau comme le révèlent les derniers chiffres collectés par la FCD (Fédération des entreprises du commerce et de la distribution) auprès de ses principaux adhérents. Pour l'année 2005, Attac a réduit sa distribution de sacs gratuits de 40 %, Auchan de 20 %, Carrefour de 20 %, Casino de 30 %, Cora et Monoprix respectivement de 30 % et 10 % sur les six premiers mois... D'autres chiffres montrent la progression des caisses "vertes" dans les enseignes, où on ne distribue aucun sac gratuit. Ainsi, 135 magasins Atac sur 280 disposaient de 100 % de caisses vertes à la fin 2005, 55 hypermarchés Auchan (sur 118) étaient dans le même cas, 12 Carrefour ne distribuent plus du tout de sacs gratuits, quelques Casino et Cora aussi, dans le cadre de consensus locaux. Enfin Monoprix annonce avoir généralisé "une" caisse verte par magasin, depuis mai 2005. Les enseignes sont loin d'être perdantes, car au-delà de l'image de marque positive que confère la démarche, le nombre de vente de sacs de substitution est en progression, comme chez Auchan, qui a vendu environs 100 millions d'unité en 2005 (de 3 cents à 3 euros) au lieu de 40 millions, en 2004. La FCD fait un bilan positif de l'opération "Sacs de caisse", lancée il y a deux ans. 35 % ont été distribués en moins depuis 2003, des résultats estimés supérieurs aux objectifs. Mais l'objectif fixé par la ministre de l'Ecologie aux dernières Assises des Déchets à la Baule, en septembre 2005 est de 50 % à la fin 2006.
Quid du sac plastique biodégradable ?
Dans ce contexte, que devient le Neosac, sac plastique dit biodégradable, sorti en avril 2005 (voir article lié) ? A ce jour, aucune enseigne n'a souhaité adopter ce sac, confirmant la tendance à l'abandon du gratuit, serait-il biodégradable. "L'association NEOSAC a communiqué sur le bon usage du sac plastique, explique Hubert Ploton, secrétaire de l'association Neosac, mais l'une de nos craintes était que la biodégradabilité du produit NEOSAC entraîne une irresponsabilité de certains consommateurs. Nous avons donc axé notre communication sur le bon usage et sur le fait que si par accident le sac se retrouvait dans la nature, sa biodégradabilité réduirait son impact environnemental." La nouvelle loi d'orientation agricole qui interdit, à partir de 2010, la distribution d'un sac de caisse à usage unique qui ne soit pas en plastique biodégradable, changera-t-elle la donne ? Peut-être pour les nouvelles cibles de l'association : pharmacies, enseignes de bricolages ou chaîne de kiosques à journaux... Pour les associations environnementales, l'objectif est de veiller à maximiser la biodégradabilité des nouveaux sacs. Ce que résume ainsi Nathalie Villermet, de France Nature Environnement (FNE). "La deuxième étape consiste à rendre les sacs de substitution, les plus biodégradables possibles, quelques soient leurs origines, avec une préférence pour les ressources et les processus de fabrication les plus durables." Les associations veulent aussi diversifier les cibles pour toucher, après la grande distribution, les magasins de proximité (boulangers, pharmaciens, marchés...) et les enseignes aux sacs publicitaires (mode, loisirs...) dont elles espèrent voir changer les pratiques.
|