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Les 11 millions d’habitants d’Ile de France engendrent pas moins de 22 millions de déplacements quotidiens, dont 45 % sont générés par l’activité économique. Depuis quelques années, la qualité des déplacements des salariés est au cœur des préoccupations de dizaines d’entreprises et collectivités de la région.
Pour les accompagner dans leur réflexion, l’Ademe et le groupement d’intérêt économique Entreprises et Mobilité en Île-de-France (EMIF), créé par la RATP et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, ont signé en juin 2002 un accord de partenariat.
AGF, AXA, GAN, Generali, EADS, EDF, PSA, IBM, Siemens, Mutuelles du Mans, Renault, Thales, la ville de Clichy, la ville d’Asnières, le Port de Bonneuil, le Conseil Général du Val de Marne… Depuis la signature de cet accord, pas moins de 60 entreprises et zones d’activité, représentant plus de 200 000 salariés, ont ainsi pu bénéficier de conseils, dans le cadre de choix d’implantation, d’études d’accessibilité, ou en vue d’un plan de déplacement d’entreprise (PDE).
« Ce partenariat s’inscrit dans la perspective d’optimiser les déplacements en Île-de-France et de réduire les consommations énergétiques et les pollutions liées aux transports. Il assure la promotion de l’utilisation du transport public en complément du transport individuel. Les stratégies d’implantation ont en effet une influence importante sur les taux d’usage des transports en commun et des modes alternatifs à la voiture individuelle », indiquent les co-signataires de l’accord. L’EMIF conseille ainsi les entreprises dans leur choix d’implantation et dans l’amélioration des conditions d’accès aux voies de stationnement.
En ce sens, les PDE sont un précieux allié. « Il s’agit d’une démarche globale qui implique de bien connaître les modes de déplacement du site, puis d’analyser les voies de progrès possibles, d’effectuer des choix et d’engager un programme », rappelle Gérard Ouzounian, délégué régional Île-de-France de l’Ademe.
Orly Rungis : le plus grand PDE de France
Dernier PDE en date, et non des moindres, celui du pôle Orly-Rungis, initié par l’EMIF, l’Ademe et l’ADOR (Association pour le développement économique du pôle Orly-Rungis). L’ADOR regroupe les cinq grands opérateurs du pôle (Aéroports de Paris, le centre commercial régional Belle Epine, le parc d’affaires locatif SILIC, le marché d’intérêt national de Rungis, la plate-forme logistique SOGARIS), ainsi que les hôteliers du pôle.
Ce PDE concerne un site de 500 hectares, 3 000 entreprises et 63 000 salariés, ce qui en fait le plus important jamais lancé en France, que ce soit par sa taille ou par sa complexité. « Nous sommes dans une situation paradoxale : bien que nous ne soyons qu’à 7 kilomètres de Paris, seuls 6 à 10 % des salariés du pôle utilisent les transports en commun, en raison de dessertes peu commodes vers les zones d’emplois les plus denses », souligne Pierre Lefort, président de l’ADOR. Le tramway Villejuif – Athis-Mons est bien programmé, mais il ne sera pas opérationnel avant 2009, au mieux. En attendant, le PDE est la réponse choisie par les acteurs économiques du pôle.
Les entreprises disposées à se lancer
Deux axes sont privilégiés : d’une part, l’accessibilité à l’emploi des salariés en tenant compte de leurs spécificités – beaucoup travaillent la nuit - et, d’autre part, l’amélioration des déplacements à l’intérieur même du pôle.
« Nous constatons que les entreprises sont prêtes à se lancer et à contribuer à la démarche. Elles ont en effet de plus en plus de difficultés à recruter en raison des problèmes d’accessibilité », note ainsi Pierre Lefort. Une phase d’études et d’enquêtes approfondies vient de débuter. A terme, elle doit déboucher sur un certain nombre de mesures : une information spécifique et plus détaillée sur l’offre globale de transports ; l’adaptation des lignes existantes, en rapport avec les spécificités des différents secteurs du pôle ; des dessertes complémentaires (liaisons directes, service de nuit, etc.) ; des services de transport occasionnels ou à la demande ; des mesures de stationnement optimisées ; des opérations de co-voiturage… Des ingrédients indispensables pour renforcer l’attractivité du premier pôle d’emplois du sud de l’Ile de France.
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