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Depuis sa création en 1945, Tata Motors a progressivement étendu ses activités à l’ensemble des segments personnels et professionnels de la construction automobile. Portée par un marché intérieur en forte croissance et par des acquisitions opportunes, cette filiale du groupe Tata a triplé son chiffre d’affaires, entre 2002 et 2008, pour le porter à 8,8 milliards de dollars. Avec ce développement exceptionnel, l’entreprise occupe désormais des positions mondiales de premier plan sur le marché des poids lourds (4ème) et des autobus (2ème). À l’image de sa maison mère, Tata Motors s’est toujours voulue une entreprise citoyenne. Elle mène notamment, depuis sa création, des actions de développement pour les communautés locales et revendique une politique sociale progressiste. Signataire du Global Compact, l’entreprise se considère volontiers comme leader dans la RSE. « Les 23 000 salariés de l’entreprise sont guidés par notre vision d’être les meilleurs dans notre façon d’opérer, les meilleurs dans les produits que nous livrons et les meilleurs dans notre système de valeurs et d'éthique» peut-on lire sur le site Internet de l’entreprise. Signe des temps, Tata Motors a choisi de se conformer aux recommandations de la GRI pour assurer la transparence de son reporting extra-financier. Ses usines de Jamshedpur, Pune et Lucknow sont en outre certifiées SA8000 et Iso 14001. Contribuer au développement local Tata Motors s’est donné pour objectif de devenir un pilier actif du développement des communautés, là où ses usines sont implantées. L’entreprise contribue financièrement à l’amélioration des conditions sanitaires et à l’équipement des écoles. Elle a également lancé de nombreuses initiatives visant à améliorer l’employabilité des jeunes et des femmes, notamment en lançant des programmes de formations ou en soutenant les filières existantes. Les besoins industriels du groupe favorisent, de fait, l’émergence d’un tissu économique local sur des principes « durables ». Dès 1974, Tata a facilité la création de coopératives de femmes , à travers son initiative « Tata Motors Grihini Social Welfare Society ». Fondées pour aider les femmes dans les familles des salariés, les 4 coopératives emploient désormais 1300 personnes qui ne dépendent pas des activités du groupe. Les domaines d’activités vont de la préparation d’épices à la fabrication d’équipements électroniques, assurant leur autonomie. Mais derrière la bonne volonté affichée, la stratégie du groupe indien conserve des faiblesses… Tata se concentre ainsi de manière paternaliste sur quelques localités, et affiche, sans doute trop, son autorité. Absence de concertation et conflits Fréquemment récompensé en Inde pour sa stratégie RSE, le groupe s’est persuadé de son exemplarité en la matière et semble désormais pêcher par orgueil. Faisant face à de violentes manifestations de paysans expropriés par le gouvernement provincial pour faire place à la nouvelle usine qui doit fabriquer la Nano, l’entreprise a annoncé son intention de localiser la production ailleurs qu’à Singur si la situation le demandait. « C’est aux citoyens de la province de l’Ouest Bengale et de Calcutta de décider si notre présence n’est pas souhaitée ou de nous accepter comme une entreprise citoyenne, » a ainsi déclaré Ratan Tata, le PDG de Tata Motors. Présentée comme « un cadeau » à cette région sous industrialisée, l’implantation de l’usine n’a toutefois pas été sujette à un véritable processus de concertation avec les paysans avoisinants. Il en résulte que 161 hectares des 400 hectares du site ont été confisqués à des fermiers qui souhaitaient rester sur leurs terres. Une approche incompréhensible alors que des troubles similaires, causés par une autre filiale du groupe Tata, ont occasionné la mort de 14 personnes à Orissa en 2006. Cette politique défaillante a conduit l’entreprise à annoncer son retrait de Singur, le 3 octobre 2008. Le 8 octobre, elle annonçait son implantation dans la ville de Sanand, province du Gujarat. Une décision prise à nouveau sans engagement organisé de l’ensemble des parties prenantes des communes concernées.
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