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Le gouvernement vient de perdre toute possibilité d'obtenir une quelconque réparation de Glencore, actionnaire suisse également impliqué dans l'affaire du Prestige. En effet, le ministère de l'Ecologie et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) ont été déboutés en appel de leur demande d'expertise financière de Metaleurop. Cette procédure avait pour but de contraindre l'entreprise à prendre en charge, financièrement, la dépollution du site de Noyelles-Godault (Pas-de-Calais). Qui plus est, le tribunal de Paris a exigé que le gouvernement verse à la partie adverse 1 500 euros de frais d'avocat. Selon le quotidien Libération, le gouvernement aurait par ailleurs tenté, en mars 2003, de négocier secrètement avec Glencore la prise en charge financière du plan social et de la dépollution de Metaleurop, ce qu'il a démenti formellement. Libération affirme qu'un accord aurait été trouvé, portant sur une somme de 32 millions d'euros, mais que le gouvernement aurait finalement préféré prendre en charge lui-même les 34 millions d'euros qu'il a débloqué en avril sur le budget de l'Etat. Rappelons qu'en janvier 2003, le groupe Metaleurop a déposé le bilan de ce site classé Seveso 2 et employant 830 personnes afin d'éviter d'une part, la mise en oeuvre d'un plan social, et d'autre part la dépollution d'un des sites les plus pollués d'Europe.La réglementation des installations classées Seveso 2 prévoit en effet que le dernier exploitant doit remettre le site " dans un état tel qu'il ne s'y manifeste aucun danger ou inconvénient ". Dans le cas où l'entreprise parviendrait à se soustraire à cette obligation, l'Etat doit prendre en charge le financement du programme de dépollution. Roselyne Bachelot, ministre de l'écologie et du développement durable, avaiy à l'époque annoncé que le gouvernement " n'accepterait pas que Metaleurop ferme sans assumer la dépollution des lieux. Nous rechercherons, s'il le faut, toutes les voies juridiques ", avait-t-elle déclaré. Le gouvernement avait fait appel à un cabinet d'avocats dans la recherche des responsabilités environnementales de Metaleurop, mais celui-ci avait préféré abandonner le dossier. De graves conséquences sur la santé des riverains
Depuis des décennies, la fonderie de Noyelles-Godault rejettait du plomb dans l'atmosphère (50 kg par jour sous forme de poussières) , provoquant un taux de plombémie élevé dans la population, notamment chez les jeunes enfants. Les riverains de la commune d'Evin-Malmaison, regroupés en association, avaient d'ailleurs déposé plainte en octobre 2002 auprès du tribunal de Béthune, pour " empoisonnement et non-assistance à personnes en danger ". Seul un " programme d'intérêt général " prévoyant des restrictions d'urbanisme et un suivi sanitaire de la population, avait été mis en place à partir de juillet 2002, à la demande des habitants et des associations de défense de l'environnement.
S'agissant de la responsabilité sociale de l'entreprise, le ministre des Affaires sociales François Fillon a mis en place au mois d' avril un plan social pour les employés du groupe, le dépôt de bilan exonèrant en effet Metaleurop de verser des indemnités de licenciement et de reclasser les salariés.
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