Le difficile métier de riverain !

Entreprises \Sites et riverains

Publié le 31-08-2005

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Cet été, les riverains de l'usine de pesticides SMB, à Béziers, ainsi que ceux de la raffinerie de Provence Total de la Mède ont subi d'importants désagréments. L'incendie, fin juin, de l'usine bitteroise a provoqué un nuage de fumées dont la composition est encore mal identifiée. Dans les Bouches du Rhône, une pluie d'hydrocarbures est tombée, le 7 août en fin d'après-midi, sur une partie des maisons du village de Sausset les Pins. Si les produits incriminés ne sont pas les mêmes et les pollutions par nature différente, la gestion de crise des autorités et des entreprises concernées a été radicalement différente.

A Béziers, l’incendie qui a ravagé, fin juin 2005, un entrepôt de l’usine de pesticides SMB, classée Seveso 2, a conduit plus de 150 personnes en consultation à l’hôpital (voir article lié). Or l’absence d’informations données par l’entreprise comme par les autorités ainsi que le relatif silence médiatique ont entraîné les pires spéculations des riverains. « On aurait pu faire mieux en matière de communication » reconnaît Bernard Huchet, le sous-préfet de Béziers « Nous sommes en train de voir avec toutes les entreprises de ce type comment améliorer le process d’information dans l’avenir ». Un Comité Local d’Information et de Concertation (CLIC) a été mis en place, sous sa responsabilité, mais le 19 juillet seulement, soit près de trois semaines après l’incendie. Il n’a tenu, en outre, qu’une réunion d’information sans fournir aux participants d’analyses complètes de toxicicologie. Or, aucune disposition règlementaire n’impose de véritable information des riverains dans des accidents de ce genre. En l’absence de renseignements, ces derniers se tournent vers les associations environnementales. «J’ai été alerté très rapidement, d’abord par une mère de famille qui me demandait quoi faire en l’absence de consignes sanitaires, puis par un médecin généraliste, démuni en l’absence totale de recommandations de la DDASS ! » explique Aurèle Clémencin de Greenpeace. L’ONG a donc lancé sa propre enquête sur l’incendie et demandé, en l’état des ses informations, par un communiqué du 18 août, à ce que « l’industrie de la chimie adopte enfin le droit de savoir et lève la culture du secret commercial, quand le danger sanitaire et environnemental est avéré. ». 
L'absence de communication des autorités adlinstratives a généré la création d’un mouvement Internet de citoyens, riverains ou concernés de près ou de loin par l'incendie de SBM Formulation à Béziers. Ils ont constitué un groupe de discussion et de partage d’informations. Son objectif : « tenter l'apprentissage du partage d'une confiance méritée entre citoyens et pouvoirs publics en respectant les populations concernées et en réparant leur santé.». Ce mouvement s’intègre à d’autres réseaux puisqu’un de ses représentant est convié, le 21 septembre prochain, à Toulouse, aux rencontres « commémoratives et militantes », organisées par l'association « Plus Jamais Ça, Ni ici ni ailleurs croix de pierre » pour le quatrième anniversaire de l’explosion de l’usine AZF. 

Information aux riverains
 
Dans les Bouches du Rhône, il n’y a pas eu d’incendie mais une pluie d’hydrocarbures de type gazole, pendant quelques minutes, sur le village de Sausset-les-Pins, le dimanche 7 août, en fin d’après-midi. Elle provenait de la raffinerie voisine de la Mède, appartenant au groupe Total. Si, fin août, l’enquête est toujours en cours sur les circonstances à l’origine de cet accident, la gestion de crise a été très différente. «Dès le début nous avons eu une stratégie de terrain » explique Delphine Saucier, responsable communication de la raffinerie. « Notre numéro vert qui fonctionne en permanence, 24 heures sur 24, a été renforcé. Trois heures après l’incident, l’équipe de direction est allée, à Sausset les Pins, rencontrer les riverains et, dès le lendemain, nous avons mis en place une équipe de deux personnes dans la mairie pour enregistrer les réclamations. ». Le nettoyage des 712 foyers qui se sont fait connaître auprès de l’entreprise a été pris en charge par la compagnie. Maisons, piscine, voitures, jouets, linge de maison, le recensement et le traitement de tous ces équipements a été fait par des équipes de Total (en tout près de 300 personnes) qui sont passées à plusieurs reprises dans les maisons, laissant des lettres d’information quand elles trouvaient porte close.
Sur le plan sanitaire, l’entreprise a expliqué aux quelques 3000 contacts reçus sur son numéro vert que le temps d’exposition et le volume d’hydrocarbures rejeté dans l’atmosphère n’entraînait pas, en principe, de danger sanitaire. Elle les a soit incité à consulter soit proposer les services du médecin de la raffinerie pour plus d’explications. « Nous avons voulu être en mesure de répondre à toutes les questions que pouvaient se poser les riverains » précise Delphine Saucier qui ajoute « Cette politique s’intègre dans une stratégie environnementale plus vaste puisque, de 2004 à 2006, nous investissons plus de 150 millions dans la protection de l’environnement et plus de 50 pour la sécurité. »
Cela n’a pas empêche le député-maire UMP de Sausset les Pins, Eric Diard, de déposer une plainte pour « pollution environnementale » auprès du procureur de la République, plainte à laquelle se sont joints une petite dizaine de riverains mécontents.
A.C.Husson
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