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La station d'épuration du Véret, du groupe Veolia-Otv (*), n'a jamais atteint les performances promises à la signature du marché. Trois ans après sa mise en service, la municipalité de Douarnenez refuse de réceptionner l'installation, pourtant qualifiée « d’ultra-moderne » par ses concepteurs, d’un montant TTC de 18 millions d'euros. L’entrée dans les égouts d’eau de mer lors des grandes marées et les effluents « atypiques » des conserveries de poisson de la ville expliqueraient les difficultés du groupe Veolia-OTV à atteindre les performances de rejets et de rendements épuratoires fixées dans l’arrêté de préfectoral du 8 novembre 2000. Des normes plus élevées que les règles européennes actuelles, mais conformes à celles de la Directive cadre sur l’eau, qui s’imposeront d’ici 2015. En 2005, la station a reçu une charge de pollution moyenne de 1470 kg/j de demande biologique en oxygène (DBO), selon le 2e rapport annuel de la station, qui constate « une grande variabilité de la charge de pollution », notamment dans les périodes de grande activité industrielle. Les paramètres « qui posent le plus de problèmes » sont la demande chimique en oxygène (DCO), la DBO et les Matières En Suspension (MES). La commune a donc demandé maintenant au groupe Véolia-Otv de faire « ce qu'il faut pour sortir de cette situation ». Les techniciens ont effectué de nouveaux réglages, de nouvelles campagnes d’essai, et ont sollicité les laboratoires du groupe pour comprendre l’origine des dysfonctionnements de l’installation. Après plusieurs reports, la ville de Douarnenez et la préfecture du Finistère se sont décidées à réceptionner la station, le 15 novembre 2006, en émettant plusieurs réserves. Mais au vu des « désordres constatés », ont fait machine arrière, et repoussé la cérémonie à la mi-février, puis à au 16 avril. Le feuilleton de la station d’épuration de Douarnenez va-t-il s’achever à cette date ? Le premier adjoint, Albert Billon, le pense : « Le groupe Veolia a découvert récemment que ce qu’il croyait être des MES n’ont sont pas. Ce sont des graisses, ou des matières translucides, provenant des conserveries, facilement traitables, et non dangereuses pour l’environnement. » Du coup, les mesures des différents paramètres parviendraient enfin à respecter les normes de l’arrêté préfectoral. « On croise les doigts », ajoute le conseiller municipal. L’enjeu est de taille : si la commune prend possession de sa station, elle pourra enfin recevoir les subventions de l’Europe (FEDER) et de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. Soit près de 900 000 €. Que dit l’Etat ? « Tout cela n’effraie pas nos services, répond Michel Papaud, secrétaire général de la préfecture du Finistère. Il n’y a pas de raison que l’on n’obtienne pas ce que l’on a commandé. L’objectif environnemental devrait être tenu par l’exploitant. Nous organiserons la réception le jour où l’on sera sûr que les normes prévues sont atteintes. Si nous n’y parvenons pas, la préfecture pourrait prendre un arrêté de mise en demeure. En tout cas, nous n’allons pas laisser s’écouler l’année 2007 sans régler le problème. » Pour s’assurer de la bonne marche de la station jusqu’en 2010, fin de la première tranche d’exploitation, l’opérateur pourrait ajouter à son installation un bassin de rétention et une filtration par membrane. Hugues Tupin, adjoint à l’environnement, se dit « optimiste ». « On a tous envie de sortir de ce dossier par le haut», précise-t-il. (*) Contacté par téléphone, Veolia n’a pas souhaité répondre à nos questions.
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