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Devenu le quatrième groupe pétrolier mondial depuis sa fusion avec Chevron, le groupe Chevron - Texaco doit aujourd'hui répondre devant la justice des actes commis en Equateur entre 1972 et 1992. La plainte déposée par les habitants devant la Cour de Nueva Loja affirme que " Chevron Texaco a utilisé des méthodes d'excavation abandonnées ou interdites ailleurs en raison de leurs effets nocifs pour l'environnement et la santé. Ce comportement a provoqué de nombreux dégâts écologiques, détérioré la santé des habitants et détruit une partie du patrimoine équatorien ". L'oléoduc "El Sote" situé dans la région nord-ouest de l'Equateur est un pipe line de 500 km de long construit au début des années 70 par Texaco. Selon l'ONG Human Rights Watch, les méthodes du pétrolier auraient eu pour conséquence de contaminer plus d'un million d'hectares de terres, de rendre malades 30000 personnes (des cancers, des dysentries et des maladies pulmonaires sont très fréquents dans ce secteur), de déverser 75 millions de mètres cube de liquides toxiques dans les marécages et 60 000 mètres cube de pétrole volontairement ou involontairement, et d'avoir laissé plus de 600 dépôts de produits toxiques à ciel ouvert, sans parler de la déforestation ainsi que de la destruction de la faune et de la flore. Les ONG estiment à 6 milliards le montant des réparations. Depuis plus de dix ans, les communautés amérindiennes, devenues minoritaires dans cette région, se battent contre le géant pétrolier afin qu'il soit traduit en justice pour les ravages écologiques causés en Amazonie. En vain. Cinq présidents se sont succédés en invoquant "l'intérêt économique national".Un premier procès a été ouvert à New York en 1993 , suivi en 1994 d'une seconde plainte déposée par des représentants amérindiens du Pérou, touchés eux aussi par les dégâts écologiques et humains du pipe-line. Déboutés en 1996 au motif que cette affaire ne relevait pas d'un tribunal américain, les plaignants ont saisi la Cour équatorienne, qui, au terme de 9 jours de procès, devrait rendre très prochainement son verdict. Texaco accuse le gouvernement équatorien Dans une audition menée en France en 1999 par la Mission d'information parlementaire sur le rôle des compagnies pétrolières dans la politique internationale, le directeur des relations avec les autorités politiques de Texaco, Mike Kostiw, avait reconnu qu'il existait " des difficultés avec les populations locales en Equateur et au Nigeria car elles n'ont obtenu aucune amélioration de leur sort de la part de l'Etat qui a pourtant reçu les redevances pétrolières. Désormais, la compagnie s'efforce de collaborer avec les populations autochtones grâce à l'appui de certains membres du Congrès pour mettre en place des programmes d'éducation et de bonne gouvernance. Pour elle la prise en considération de l'échelon local est devenue fort importante" avait-t-il déclaré. Par ailleurs, si le groupe a reconnu que les débordements de pétrole peuvent parfois arriver, il invoque les conclusions de deux audits selon lesquelles sa filiale aurait agi de façon responsable, sans provoquer un impact durable ou significatif sur l'environnement. Il affirme en outre qu'aux termes d'un accord conclu avec les autorités équatoriennes, Texaco a réalisé, de 1995 à 1998, un projet de réhabilitation d'un montant de 40 millions de dollars pour solde de tout compte. Enfin, Texaco dément que sa filiale n'ait pas entièrement respecté les lois de l'Equateur et les normes environnementales de l'industrie pétrolière internationale.
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