![]() Entreprise \Impact local \Sites et riverainsAZF : en attendant le verdictAprès quatre mois de procès et plusieurs jours de plaidoiries, le verdict du procès de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse a été mis en délibéré au 19 novembre 2009. Les peines maximales ont été requises contre l'ancien directeur de l'usine et la société Grande Paroisse, filiale du groupe Total, qui ont plaidé la relaxe. Il faudra attendre plus de quatre mois pour savoir quelle version l'a emportée.
Premier procès correctionnel, filmé pour l’histoire, les audiences qui se sont déroulées dans une salle spécialement aménagée à Toulouse, n’ont pas bénéficié de la même attention publique tout au long des débats. Le juge a voulu que soient examinées, les unes après les autres, les principales thèses mises en avant pour expliquer l’explosion de l’usine AZF à Toulouse, le 21 septembre 2001, qui a fait 31 morts et plus de 2500 blessés. « Nous avons vu passer à la barre des pseudo-experts, plutôt des témoins selon nous » raconte maître Casero, l’une des avocates représentant des associations de victimes qui se sont portées partie civile : «Ils ont projeté des « power point » que nous n’avions même pas vus avant l’audience, basés sur des données parcellaires pour étayer des thèses fantaisies ! ». Le procès n’a pas échappé à la bataille d’expertise qui se joue depuis 8 ans sur les causes de cet accident industriel d’une ampleur considérable. La multiplication des thèses, des versions, des expertises est destinée à contester l’explication, finalement plaidée par le parquet, de l’accident industriel pour manquement aux règles de sécurité. Depuis 2001, il y a eu, en plus des enquêtes diligentées par la police et la justice, une enquête parlementaire, un rapport demandé par le ministère de l'environnement, un débat national sur les Risques Industriels, une enquête interne à l'entreprise, une enquête des organisations de salariés du site chimique, aidées d'un organisme spécialisé, et une dizaine de livres. "Image d'usine poubelle" Logiquement, le groupe Total a une analyse très différente des débats. S’il n’est pas mis en cause d’un point de vue juridique, Grande Paroisse à qui appartenait l’usine est une de ces filiales et il a, dès le départ, indemnisé les victimes et financé divers projets destinés à redonner une vie économique au site. « Notre grande frustration est que les experts judicaires n’ont pas mis en évidence une thèse. » explique Patrick Timbart, directeur délégué de Total à Toulouse. Il ajoute : « ce qui est important c’est qu’il a servi à détruire l’image d’usine poubelle que diffusaient certains.» Pour lui, il est très difficile au cours d’un procès pénal de faire émerger une vérité d’ordre scientifique et technique. En ce qui concerne le verdict, les deux principaux prévenus, Serge Biechlin, l’ancien directeur de l'usine, et la société Grande Paroisse devront attendre le 19 novembre prochain pour connaître leur sort. Le premier risque trois ans de prison avec sursis et 45 000 euros d'amende, la seconde 225 000 euros d'amende.
|
|
||||||||