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![]() Le site de Carling
Total Entreprises \Impact local \SécuritéTotal Carling : une dérangeante série d'incidentsLe 15 juillet, l'explosion d'un vapocraqueur sur la plateforme Total de Carling, en Moselle, a provoqué la mort de 2 personnes et en a blessé 6 autres. Les associations et syndicats dénoncent un problème de sécurité sur les installations du groupe et des incidents à répétition.
Quinze jours après la fin du procès de l’explosion du site AZF, qui avait fait 31 morts et des milliers de blessés en décembre 2001, Total est de nouveau interpellé sur sa gestion de la sécurité. Le 15 juillet en effet, deux personnes ont péri et six autres ont été blessées par l’explosion d’un vapocraqueur * sur la plateforme Total Petrochimicals France (TPF) de Carling/Saint-Avold, en Moselle. Les causes de l’accident sont encore pour l’instant inconnues et devraient être examinées lors de l’enquête technique ouverte après le drame mais celui-ci suscite d’ores et déjà de sérieuses questions sur la responsabilité sociétale du groupe. « La liste des morts s’allonge dans le groupe Total : une personne est morte suite à une intoxication, en Provence, le 4 janvier 2009. Puis, le 29 janvier, une explosion d’un camion citerne a fait 1 mort et 4 blessés graves à Flandres », déplore en effet la CGT qui dénonce depuis plusieurs mois les conditions de sécurité de la multinationale. A ce titre, l’accident de Carling fait figure de symbole, estiment plusieurs associations. « Entre la vétusté des installations, le manque de formation ou de qualification des personnels intervenant sur ces ateliers hautement sensibles (classés Seveso, ndlr), la défaillance des systèmes d’alertes, les points noirs s’accumulent », affirme Michel Kaspar, le président de l’association pour la défense de l’environnement et la lutte contre la pollution.
Autre point noir selon les associations : une plateforme aux installations vieillissantes. « Total privilégie les investissements sur les installations nouvelles à l’étranger et se limite à l’entretien de sites menacés en France, dénonce Charles Foulard. Si le vapocraqueur avait disposé d’un équipement de redémarrage automatique tel que celui du deuxième vapocraqueur du site qui a été arrêté malgré l’opposition de la CGT, l’accident ne se serait pas produit ! » Là encore, Total égraine pourtant les chiffres : l’installation a été complètement vérifiée en octobre 2007, ce qui est « tout à fait récent » pour ce genre de machines contrôlées en moyenne tous les 5 à 6 ans, selon un porte-parole. Le site de Carling aurait également fait l’objet de 74 millions d’investissement HSE (hygiène, sécurité, environnement) sur les 8 dernières années, dont 22 millions rien que pour les 2 vapocraqueurs. « La politique de sécurité de Total est faite de réunions et d’indicateurs que nous ne cautionnons pas », rétorque Charles Foulard. Aux « moins de deux incidents par million d’heures travaillées » et à la « division par 5 du taux d’accidents entre 2001 et 2007 », affichés par le groupe, la CGT oppose « des accidents de travail qui ne sont pas toujours comptabilisés ou transformés en simple arrêts maladie. Il faut savoir que ces fameux indicateurs sont pris en compte dans les appels d’offres ce qui incite les sous-traitants à les dissimuler. Ils sont aussi devenus un challenge entre les chefs d’établissement pour se faire bien voir de la direction… »
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