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AZF : un procès en 2008

Entreprises \Sécurité industrielle

Publié le 17-07-2007

L'usine, quelques jours après l'explosion
L'usine, quelques jours après l'explosion

Le procès de l'explosion de l'usine AZF, en 2001 à Toulouse, devrait avoir lieu en 2008. L'ancien directeur de l'usine ainsi que le groupe Grande Paroisse auquel elle appartenait sont renvoyés en correctionnelle. Leur procès sera-t-il celui des conditions d'organisation de la production dans l'usine et du recours à la sous-traitance ? C'est ce qu'espèrent les associations de parties civiles.

Il aura fallu près de six ans d’instruction pour que soient renvoyés en correctionnelle, le 12 juillet 2007, l’ancien directeur de l’usine AZF et le groupe Grande Paroisse pour, «homicides et blessures involontaires» principalement. Les associations de victimes de cette explosion qui a fait 30 morts, blessé des milliers de personnes et provoqué des dégâts considérables, sont soulagées par l’annonce du procès mais pas totalement satisfaites des chefs d’accusation. Il est important pour elles que le réquisitoire du procureur, plus sévère que le rapport du juge d’instruction, pointe bien l’organisation même de la production au sein de l’entreprise comme cause indirecte de l’explosion et n’ait pas retenu la faute intentionnelle de telle ou telle personne « qui a paralysé pendant quatre ans l’instruction » selon un des avocats. Ceci dit, ces associations vont quand même faire appel de divers points que n’a pas retenus le juge, espérant que la chambre d’accusation accepte de les inclure finalement au futur procès, dont la date n’est pas encore programmée. L’association des familles endeuillées, défendue par maitre Bisseuil, le fera sur la mise en danger de la vie d’autrui et l’entrave. Elle estime avoir des preuves montrant que des membres de Grande Paroisse ont transformé les lieux de l’explosion et dissimulé des preuves. Maître Casero qui défend l’association des sinistrés du 21 septembre se bat sur un autre terrain : « En ce qui me concerne, je vais faire appel sur le  délit de marchandage. C’est lui qui permet de pointer les excès du recours à la sous-traitance qui prévalait au sein de l’usine. Pour moi, c’est la véritable cause de l’explosion. Un de mes clients travaillait sur le site depuis 20 ans, il n’avait jamais eu de formation et 14 employeurs différents. Le hangar où était stocké le nitrate n’était rattaché à aucun service. Dans cette usine où co-existaient le chlore et le nitrate, deux produits qui ne doivent absolument pas entrer en contact, le manquement systématique aux obligations de sécurité créait un risque énorme. »

Déterminer les causes de l'accident

La thèse finalement retenue est bien celle de l’accident lié à un mélange entre un produit chloré déversé sur un tas de nitrate quelques minutes avant l’explosion. Le groupe Total, resté propriétaire de Grande Paroisse, a toujours contesté cette version mettant en avant diverses autres pistes, à commencer par celle de l’attentat.
Le procès remontera-t-il la chaîne des responsabilités, à l’image de celui du naufrage de l’Erika dont on connaitra le verdict au début de l’année 2008 ? Pour maître Casero, « Serge Biechlin, l’ancien directeur de l’usine, est aujourd’hui rémunéré pour préparer sa défense. Il est prêt à assumer toutes les responsabilités pour que la chaîne des mises en cause s’arrête à son niveau mais pour nous, il est le « faux nez » du groupe Total ». En l’état actuel, ce dernier ne devrait pas apparaitre dans le procès sauf s’il était cité à comparaitre, mais la bataille juridique pour obtenir un tel résultat serait rude et victimes et associations se disent fatiguées par les années d’instruction.

Le groupe Grande Paroisse, qui n’a pas officiellement réagi à son renvoi en correctionnelle a, d’ores et déjà, adopté une stratégie de communication offensive, axée sur le développement durable. Toujours filiale du groupe Total qui a conservé un pôle chimique, le groupe s’est rebaptisé GPN, en mai 2007, et a adopté le slogan « et la terre respire ». Réorganisé en quatre activités dont un pôle Industrie et Environnement, GPN explique, sur son site Internet, « qu’il est  l’un des leaders mondiaux de la chimie de l’azote et met à la disposition de sa clientèle industrielle son expertise, issue de sa longue expérience dans la fabrication des produits chimiques, pour l’accompagner durablement dans leurs recherches et les aider à mieux produire tout en satisfaisant aux critères du développement durable ».
La branche des fertilisants azotés que produisait l’usine AZF disparaît donc pour mieux renaitre sous le nom de GPN  Agriculture qui propose aux agriculteurs une « fertilisation efficace et raisonnée ».

A.C.Husson-Traore
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