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Intitulée « Sumer 2003 », l’enquête de la DARES (direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques, dépendant du Ministère de l’emploi) a rassemblé 1800 médecins, qui ont étudié l’exposition des salariés aux produits cancérogènes. Les résultats révèlent que 2 370 000 personnes (13,5% de la population étudiée) ont été ou sont exposées à un, voire plusieurs produits. Parmi les substances les plus récurrentes, la Dares cite les gaz d’échappement diesel, les huiles entières minérales, les poussières de bois, et toujours l’amiante, citée en 9ème position. Parmi les 28 produits cancérogènes repérés dans l'enquête Sumer 2003, huit présentent un taux exposition élevé (42 pour 1000 pour les gaz d’échappement diesel qui concernent 727 000 salariés). A eux seuls, ces huit produits engendrent 2,4 millions d'expositions, soit les deux tiers des expositions aux produits cancérogènes. Les conséquences sont graves : les huiles entières minérales, utilisées à très haute température dans les opérations d'usinage et de traitement des métaux (669 000 salariés) exposent à des cancers primitifs de la peau. Les poussières de bois (379 000 salariés concernés), sont responsables de cancers du nez et des sinus tandis que la silice cristalline (269 000 salariés) peut provoquer des cancers broncho-pulmonaires. La DARES souligne à cet égard que « tous ces produits n’ont pas les mêmes effets cancérogènes, mais ils ont en commun la difficulté ou l’impossibilité de définir un seuil d’exposition en dessous duquel le risque serait nul ». Pris en 2001, un décret exige la substitution des produits cancérogènes par des produits moins dangereux pour la santé, ainsi que la généralisation des protections. Mais des progrès restent à faire, car l’étude souligne qu’il n’en n’existe toujours aucune dans 39 % des cas; 23% des expositions au benzène ne bénéficient d’aucune protection collective ainsi que 36% des expositions au trichloroéthylène. Les hommes et les ouvriers plus touchés
Cinq secteurs d’activité sont plus particulièrement touchés et concentrent à eux seuls la moitié des salariés exposés : la réparation automobile (10%), la métallurgie ( 7%) et la transformation des métaux, les industries du bois et du papier, des produits minéraux et de la construction. Dans la chimie, 26% des salariés sont exposés. Parmi eux, on retrouve en majorité des emplois d’installation, d’entretien et de maintenance, employant des apprentis ou des jeunes en contrat de formation (19% contre 14% pour les CDD et CDI). S’agissant de la classification professionnelle, l’étude révèle que 70 % des salariés concernés sont des ouvriers, généralement qualifiés. Les "professions intermédiaires de l'industrie et du secteur de la santé" représentent 20 % des personnes exposées. Les hommes sont quatre fois plus exposés aux produits cancérogènes que les femmes salariées, dans la mesure où l’exposition la plus forte concerne des secteurs et des emplois majoritairement masculins. Le secteur des services personnels et domestiques, qui emploie trois quarts de femmes, est le seul qui expose davantage les femmes que les hommes (28% contre 14%).
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