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80 spots -dont la moitié concerne l’alimentation- sont diffusés entre 9H et 12H lors des émissions jeunesse de TF1. Par ailleurs, sur 297 spots alimentaires destinés aux enfants, la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie) a relevé que 85 % des céréales montrées figuraient parmi les plus grasses ou les plus sucrées. Même chose pour 75 % des yaourts, tandis que les spots pour les fruits et légumes ne représentaient que 1 % de l’espace publicitaire. « Alors que chacun s’accorde à reconnaître la nécessité de promouvoir des comportements alimentaires plus sains et équilibrés, il nous paraît prioritaire d’agir sur la publicité afin que celle-ci présente un minimum de cohérence avec ces recommandations nutritionnelles », souligne l’association. Cette pression publicitaire exercée sur les enfants avait également fait l’objet d’une étude menée par l’UFC-Que Choisir en septembre 2006, établissant un lien entre publicité et comportements alimentaires. Cette enquête menée dans 700 foyers concluait sur un bilan sans appel : les 30 % du panel des enfants qui « consomment » le plus de télévision, et donc de publicité, étaient aussi ceux qui consomment le plus de produits gras et sucrés. Par ailleurs, sur les 217 spots destinés aux enfants étudiés sur deux semaines, 89% faisaient la promotion d’aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés au regard des recommandations nutritionnelles formulées par le Plan National Nutrition Santé (PNSS). Les limites de l'autodiscipline
Pour protéger ce public aisément influençable, le BVP (Bureau de Vérification de la Publicité) a certes édicté des règles d’autodiscipline de la profession, afin « de prendre clairement position contre toute communication qui, délibérément ou non, contribuerait à encourager chez les enfants des comportements qui seraient contraires aux principes alimentaires couramment admis en matière d’hygiène de vie." Pour l’UFC, qui a réalisé une nouvelle analyse de 285 spots publicitaires destinés aux enfants, ces règles « n’ont en réalité aucun impact concret sur les pratiques des professionnels. Lorsque le BVP se vante de ses recommandations pour une alimentation équilibrée, en parallèle il agrée 89 % de spots faisant la promotion de produits trop gras ou trop sucrés », observe l’UFC. Par ailleurs, l’obligation faite aux annonceurs de diffuser, à partir du 1er mars, des messages de prévention à la télévision dans les publicités, semble « impuissante à protéger les enfants du harcèlement nutritionnel opéré par le marketing agroalimentaire », selon les tests menés par l’UFC. L'association a en effet testé ces messages sur un panel de deux cents familles et « à peine 11 % des enfants et 17 % des parents ont remarqué le message », conclut l’étude. Sur le modèle des réglementations existant en Grande-Bretagne, en Suède ou au Québec, les associations demandent une restriction de ces publicités alors que leur force de frappe devrait s’accroître via la nouvelle directive européenne « télévision sans frontières », autorisant une diffusion plus large de la publicité télévisée. Les entreprises commencent à apporter des réponses Outre la pression de plus en plus vive des associations de consommateurs, l’industrie agroalimentaire doit répondre de ses produits face à des investisseurs attentifs au « risque obésité ». L’agence de notation sociale EIRIS a ainsi mis en garde le secteur, estimant qu’il ne réagissait pas assez face au développement de l'obésité et qu’il s’exposait ainsi à un risque économique, soit parce que les tribunaux lui feront un procès en responsabilité sur l’obésité à l’image de ce qui s’est passé pour le tabac, soit parce que leurs produits pourraient à terme être interdits par de nouvelles législations sanitaires. Conscientes des enjeux, certaines entreprises ont d’ores et déjà réagi en évaluant leur portefeuille de produits sous cet angle et en s’assurant qu’ils respectent l’équilibre nutritionnel : Cadburry Schweppes, Kraft et PepsiCo ont ainsi reconnu le risque d'obésité de certains de leurs produits et ont pris des engagements pour créer des produits qui préservent l'équilibre nutritionnel, d’autres, comme Mc Donald’s, indiquent désormais la valeur calorique de leurs offres et en ont réduit les portions. Auchan a également lancé, début janvie,r un « programme nutritionnel » visant à réviser 114 recettes commercialisées sous sa marque. Enfin, Unilever a mis en place en France le label "Choix et nutrition" permettant aux consommateurs de repérer les produits répondant aux recommandations nutritionnelles. 300 références devraient être concernées cette année et la méthodologie d'Unilever sera proposée aux autres industriels, avec pour objectif l'harmonisation mondiale des typologies d'informations nutritionnelles. Une initiative qui pourrait avoir un impact significatif sur l’ensemble du secteur et satisfaire les investisseurs favorables à « plan d’action collectif » applicable à l’ensemble de l'industrie agro-alimentaire et incluant toute la chaîne, depuis les producteurs jusqu'aux distributeurs.
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