Les téléphones mobiles seraient dangereux pour les enfants hors de France

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Publié le 02-02-2005

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Deux mois après l'étude Interphone en Suède, une enquête britannique met à nouveau l'accent sur les dangers de l'utilisation du téléphone mobile par les enfants. En France, alors que les opérateurs se disputent les marchés des enfants et adolescents, l'association Robin des Toits réclame un rendez-vous d'urgence au Ministère de la Santé.

Les études concernant une éventuelle dangerosité des téléphones mobiles se multiplient. En novembre 2003, la Suède rendait publics les résultats de son étude Interphone. Les experts constataient que l’utilisation de téléphones portables analogiques pendant dix ans ou plus multiplie par deux le risque d’être atteint d’un neurinome acoustique. Rapporté sur le côté de la tête où l’on tient habituellement le combiné téléphonique, ce risque est pratiquement multiplié par quatre. Le 11 janvier 2004, c’est au tour du Royaume-Uni de livrer les conclusions de l’enquête du National Radiological Protection Board (NRPB), organisme gouvernemental spécialisé. D’abord pondéré, ce rapport précise que la multiplication des téléphones portables dans le monde « n'a pas été accompagnée d'une augmentation des problèmes de santé associés ». Mais il note que l'utilisation massive des téléphones portables est un phénomène récent « qui se développe à une vitesse qui dépasse les analyses sur leur impact potentiel sur la santé » ; le Royaume-Uni compte 50 millions de téléphones portables aujourd’hui, contre 25 millions en 2000 et 4,5 millions en 1995.

Protéger les enfants

Les enfants, souligne le rapport, « pourraient être plus vulnérables aux effets liés à l'utilisation d'un téléphone portable ». Ce « parce que leur système nerveux est en cours de développement, parce que les tissus de leur cerveau absorbent plus les rayonnements d'énergie et parce qu'ils y seront plus longtemps exposés ». Le professeur William Stewart, qui a dirigé cette étude, appelle à la prudence. Il conseille aux parents de limiter l’utilisation du téléphone mobile par leurs enfants, et de les inciter à envoyer des SMS plutôt que d’avoir des conversations téléphoniques classiques. Le professeur s’inquiète aussi de la dangerosité des antennes relais. Car si les émissions provenant de ces antennes sont moins importantes que celles liées à l’utilisation directe d’un téléphone mobile, elles sont diffusées de manière continue tout au long de la journée. Le professeur Stewart suggère alors que ces antennes ne soient pas placées à proximité des écoles.

Mener une véritable étude

Une mise en garde que l’association française Robin des Toits prend au sérieux. A la suite du constat d’un nombre anormal de cancers pédiatriques dans la commune de Saint-Cyr l’Ecole, l’association avait obtenu la désactivation des antenne-relais situées au-dessus de l’école Bizet (voir article lié). Mais une étude ordonnée par le ministère de la Santé pour déceler les liens éventuels entre ces antenne-relais et les pathologies constatées vient de conclure au « hasard » (voir article lié). L’association demande qu’une véritable étude d’envergure soit menée, en indépendance totale avec les opérateurs concernés. L’association demande aussi à ce que la vente de téléphones mobiles à destination des enfants de type MyMo ou BabyMo soit suspendue en France. Le 26 janvier dernier, Carrefour a accepté de retirer le BabyMo de ses rayons, par respect du principe de précaution. Mais la société ITT qui commercialise le produit n’envisage pas pour autant d’arrêter sa diffusion.

Gaëlle Bohé
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