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Le 25 novembre 2003, Thierry Garofalo saura si, oui ou non, le tribunal des référés de Nanterre oblige IBM, son ex-employeur, à lui verser une provision financière pour qu'il puisse poursuivre son action judiciaire. Il est l'une des victimes, probablement nombreuses, des éthers de glycol. Et pour la première fois un rapport médical a établi, en septembre 2003, un lien entre son infertilité et son exposition aux éthers de glycol.
Le dossier n'est pas nouveau. Plus de 200 procès sont déjà en cours aux Etats-Unis et, il y a plus de vingt ans, les scientifiques avaient déjà donné l'alerte sur les dangers de ces produits chimiques. Infertilité, malformations fœtales, maladies de la peau, soupçons de cancer et de maladies du sang... la liste est malheureusement longue. Mais les pathologies liées aux éthers de glycol sont à effets retardés, ce qui explique, en partie, pourquoi le dossier prend seulement aujourd'hui une dimension collective en France.
Si les salariés de certains secteurs d'activités (peinture aéronautique, sérigraphie, fabrication de circuits imprimés, vernissage métallique et fabrication de peinture) sont particulièrement exposés , les éthers de glycol sont présents dans de nombreux produits de consommation courante (encre, colle, vernis, peinture, cosmétique, etc.). Les pouvoirs publics ont donc retiré de la vente au grand public les éthers classés reprotoxiques et ont mis en place une réglementation complexe de dosage et d'étiquetage.
En France, on estime entre 800 000 à 1 million le nombre de personnes exposées mais seuls une dizaine de procès verront le jour dans les prochains mois. Le seul point véritablement clair de cette affaire est que la notion de "faute inexcusable" apparu dans le dossier de l'amiante devrait servir de jurisprudence et faciliter la reconnaissance et l'indemnisation des victimes.
Aujourd'hui, le manque de connaissances scientifiques et de transparence ne permet toujours pas de connaître exactement l'ampleur des risques et des dangers liés à ces produits ni le nombre de victimes. Les différents avertissements lancés par la communauté scientifique internationale sont restés lettre morte. Aucun principe de précaution n'a été réellement appliqué. En 2000, le marché européen des éthers de glycol représentait encore environ 400 000 tonnes. Doit-on donc s'attendre à une catastrophe sanitaire de l'ampleur de l'amiante ? Connaît-on les risques réels que représentent ces solvants ? Décryptage et état des lieux dans le dossier de Novethic.
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