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Gouvernement, opérateurs, associations et collectivités locales participeront à cette table ronde qui s’annonce complexe. Comment assurer la couverture du territoire tout en limitant l’exposition aux ondes électromagnétiques? Augmenter le nombre d’antennes avec un seuil d’émission limité est une des pistes privilégiées par les associations, mais à condition que ce seuil ne dépasse pas 0,6 volt par mètre (V/m). Une valeur qui fait l'unanimité chez les partisans du principe de précaution tout en étant compatible selon eux avec le fonctionnement de la téléphonie mobile. Actuellement, les seuils se situent entre 41 et 58 V/m, selon un décret qui date de 2002 et que les associations jugent obsolètes. On est en tout cas très loin du 0,6 volt par mètre ! De leur côté, les opérateurs jugent ce seuil irréaliste, pour des raisons à la fois « techniques et économiques ». Et demandent aux pouvoirs publics de prendre position, rappelant leurs obligations de couverture du territoire, demandées par l’Etat… Enfin, les décisions de justice demandant à Bouygues et à SFR de démonter des antenne-relais, suite aux plaintes déposées par des riverains, attise la question des risques sanitaires, restée en suspens.
Pour l’Association française des opérateurs mobiles (AFOM), qui s’exprime au nom notamment des trois opérateurs nationaux, demande donc que les « pouvoirs publics s’expriment clairement et fortement sur le sujet des antennes-relais et de la santé ». Pour les opérateurs, ces décisions de justice prises en vertu du principe de précaution « ne correspondent à la position d’aucune autorité sanitaire nationale, ni à celle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ». S’agissant des risques sanitaires supposés ou avérés, la bataille d’experts continue. D’un côté, les associations se réfèrent au rapport BioInitiative, établi par plusieurs scientifiques « non liés aux industriels », et faisant état de la nocivité avérée des champs électromagnétiques, ainsi qu’aux travaux du docteur Belpomme. Dans un colloque tenu à l’Assemblé nationale en janvier dernier, le président de l’ARTAC indiquait en effet qu’ « aujourd'hui, avec les téléphones mobiles, nous avons dépassé la ligne jaune du tolérable sanitaire. L'exposition chronique aux champs électromagnétiques est source d'effets génotoxiques ou de cancers. Un cadre de maladies que j'appelle « CMR », c'est à dire cancérigène, mutagène ou reprotoxique». Les industriels, eux, se réfèrent notamment aux avis de l’OMS et de l’Académie de médecine, qui récemment, soulignait « l'absence de risque démontré des antennes relais de téléphonie mobile ».
L’issue des débats du 23 avril, dans un tel contexte, reste incertaine. En attendant une réglementation, certaines villes ont commencé à réguler l'implantation des antennes-relais. Parfois en bloquant toute nouvelle installation, comme à Strasbourg ou Valence, dans la Drôme. Ou en testant des capteurs, qui analysent le niveau électromagnétique ambiant en continu et sonnent l'alarme en cas de dépassement. A Besançon, un employé municipal mesure, à la demande, la puissance des champs électromagnétiques. En cas de valeur supérieure à 1 volt par mètre (toutes fréquences confondues) dans un lieu de vie (chambre à coucher, salle de classe…), la mairie entre en négociation avec l'opérateur pour diminuer le niveau d'exposition.
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