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En juin dernier, un client de Strasbourg s'est plaint de réactions cutanées suite à l'utilisation d'un fauteuil relaxant auprès de l'enseigne Conforama où il l'avait acheté. Le magasin ayant demandé des tests techniques à un laboratoire indépendant, découvre que les fauteuils en question contiennent un trop grand nombre de "sachets antifongiques contenant du diméthyl fumarate." Suite à cela, Conforama a envoyé un courrier aux 38 000 personnes ayant acheté un fauteuil ou un canapé de relaxation entre mars 2006 et juin 2008. Ces clients ont le choix de faire un échange ou un remboursement, au motif que les fauteuils et canapés rappelés, fournis par la société chinoise Linkwise, peuvent provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes. Depuis, Conforama affirme que tous les produits concernés ont été retirés de la vente dès la découverte du problème et invite ses clients à cesser d'utiliser les produits concernés et à les "rapporter dans les plus brefs délais dans le magasin Conforama le plus proche de leur domicile". A ce jour, environ un millier de produits auraient été rapportés. Un numéro vert est également à disposition des clients concernés (0800 01 50 50). La firme a reçu "400 courriers de personnes, accompagnés de certificats médicaux, indiquant des problèmes d’eczémas," a déclaré Isabelle Hoppenot, directrice de la communication de Conforama, au journal Le Parisien. Si la société s'engage à indemniser les victimes quand les dommages sont avérés, elle demande toutefois à chacun des clients concernés "de prendre contact avec un expert habilité par notre assureur, qui se prononcera au cas par cas". En outre Le groupe Conforama a procédé à un "arrêt immédiat" de ses relations commerciales avec le fournisseur chinois Linkwise et "a immédiatement modifié le cahier des charges de ses fournisseurs et leur impose désormais de plus utiliser de Diméthyl fumarate comme antifongique." "Nous avons engagé une procédure de contentieux avec le fabricant," a précisé également Isabelle Hoppenot. Réactions graves Sauf que les témoignages des clients victimes des fauteuils Linkwise décrivent des réactions qui vont bien au-delà de la simple démangeaison. Des réactions cutanées avec infection comme dans le cas de grandes brûlures sont rapportées. Plusieurs collectifs de victimes se mettent en place un peu partout en France. Le médiatique avocat Gilbert Collard a accepté de défendre l'un d'entre eux. Catherine Gilleta, qui préside ce collectif, dénonce le "forfait ridicule" de 500 euros, que l'enseigne proposerait à certaines victimes. Elle estime que ce "n'est pas acceptable, au regard des souffrances autant physiques que psychologiques que les victimes ont subies." Dans le Nord c'est Claudette Lemoine qui emmène un collectif de victimes et assure que "avec les victimes et l'avocat, il y aura un dépôt de plaintes, ça c'est clair." Me Tillie qui représente ce collectif est très explicite : "Ma priorité dans ce dossier sera de veiller à la bonne indemnisation des victimes par la compagnie d'assurance de Conforama. Si ce n'est pas le cas, nous irons au pénal." L'affaire des fauteuils et canapés au dimethyl fumarate aurait pu ressembler à une regrettable mais classique affaire entre consommateurs et grandes marques, si ce n'est que l'assurance maladie a également choisi de renvoyer le distributeur à ses responsabilités. En effet, suite aux différents témoignages parus dans La voix du Nord, Bernard Schmitt le directeur régional du service médical de l'assurance maladie a réagi. "Ces personnes expliquaient que ces brûlures avaient engendré de nombreux soins, précise Bernard Schmitt. Je m'en suis inquiété et j'ai prévenu les services concernés qui ont engagé un recours contre tiers," a-t-il déclaré au quotidien régional. C'est à dire que l'Assurance maladie va réclamer des dommages et intérêts devant un tribunal civil pour compenser le préjudice subi par les victimes. En effet, les personnes ont payé des consultations, passé des radios, soit des dépenses pour l'assurance maladie qui n’auraient jamais eu lieu si l'allergène ne s’était pas trouvé dans ces fauteuils. Depuis, la sécurité sociale a demandé à chacune de ses antennes régionales de prendre contact avec les victimes. Si l'on peut saluer d'un côté l'engagement de Conforama pour la création d'un puits de carbone dans l'Isère afin de lutter contre les gaz à effet de serre, le N°1 français de l’équipement du foyer a encore beaucoup à faire pour que sa démarche globale de développement durable -dans laquelle il affirmait l’adoption de règles d’éthique avec ses fournisseurs- soit crédible. Car, dans l'écart entre les standards européens et ceux de la Chine, le groupe Conforama aujourd'hui est pris en défaut aussi bien dans la relation à ses fournisseurs qu'à ses clients.
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