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Plus de trente ans après la fin de la guerre du Vietnam, le tristement célèbre herbicide « Agent Orange » continue à faire
Liste des 37 entreprises mises en cause
Dow Chemical Co., Monsanto Chemical Co., Pharmacia Corp., Hercules Inc., Occidental Chemical Corp., Ultramar Diamond Shamrock Corp., Maxus Energy Corp., Thompson Hayward Chemical Co., Harcros Chemicals Inc., Uniroyal Inc., Uniroyal Chemical Inc., Uniroyal Chemical Holding Co., Uniroyal Chemical Acquisition Corp., C.D.U. Holding Inc., Diamond Shamrock Agricultural Chemicals Inc., Diamond Shamrock Chemicals, Diamond Shamrock Chemicals Co., Diamond Shamrock Corp., Diamond Shamrock Refining and Marketing Co., Occidental Electrochemicals Corp., Diamond Alkali Co., Ansul Inc., Hooker Chemical Corp., Hooker Chemical Far East Corp., Hooker Chemicals & Plastics Corp., American Home Products Corp., Wyeth., Hoffman-Taff Chemicals Inc., Chemical Land Holdings Inc., T-H Agriculture & Nutrition Co. Inc., Thompson Chemical Corp., Riverdale Chemical Co., Elementis Chemicals Inc., United States Rubber Co. Inc., Syntex Agribusiness Inc. et ABC Chemical Cos.
des victimes auprès des habitants du sud du Vietnam. Entre 1962 et 1971, les avions de l’armée américaine ont procédé à l’épandage de 70 millions de tonnes de cet herbicide contenant de la dioxine sur les forets vietnamiennes afin de déboiser les zones tenues par le Viet Cong et de détruire leurs cultures agricoles. Extrêmement toxique, la dioxine est un produit très stable avec une durée de vie de plus de vingt ans dans l’environnement. L’exposition à ce polluant chimique peut entraîner chez l’homme des leucémies, des cancers et d’autres troubles comme la perturbation du développement du système nerveux ou des fonctions reproductrices.Selon le Vietnam Association for Victims of Agent Orange / Dioxin (VAVA), cette guerre chimique a touché près de 17% du territoire du Sud Vietnam et a contribué à exposer à divers produits chimiques toxiques entre 4 et 5 millions de combattants et de civils, et par conséquent à intoxiquer 3 millions de personnes. « Les composants toxiques des produits chimiques déversés ont eu des répercussions immédiates et sur le long terme sur la santé des populations et sur l’environnement, » considère Dang Vu Hiep, le président du VAVA. « Cela revient à une guerre chimique d’une magnitude jamais vue dans l’histoire de l’humanité ; commise en violation des lois internationales et américaines » estime ce représentant d’une des parties civiles dans le procès pour réparations contre 37 entreprises chimiques américaines. Des milliards de dollars d’enjeu Pour les associations de défense des victimes, les 37 entreprises chimiques américaines mises au banc des accusés sont directement responsables d’avoir fournies l’armée américaine en « Agent Orange » durant la guerre du Vietnam et de l’empoisonnement à la dioxine qui en a résulté. « Elles savaient comment le produit serait utilisé et avaient des raisons de penser que les répercussions seraient désastreuses mais elles l’ont tout de même fait» a plaidé Jonathan Moore, l’avocat des parties civiles, devant le panel de 3 juges de la cour d’appel de New York. Avec une stratégie basée sur l’empoisonnement volontaire, les plaignants espèrent pouvoir convaincre les juges de la similitude de leur dossier avec le « Zyklon B ». Devant la justice, les fabricants de ce gaz, utilisé par les nazis dans les camps de la mort ont été convaincus de crimes. Si elle se montrait gagnante, cette stratégie serait très certainement synonyme, pour les industriels attaqués, de milliards de dollars en dommages et en frais de dépollution au Vietnam. Il semble toutefois peu probable que les plaignants parviennent à avoir gain de cause. Si l’Etat américain ne bénéficiait pas de son immunité d'état souverain, il serait sans aucun doute seul au banc des accusés pour faire face à sa responsabilité dans cette catastrophe écologique et sanitaire. A en croire les auditions du 18 juin, le panel de la cour d’appel semble de plus réfuter la notion même d’empoisonnement. «Ce poison est-il conçu pour tuer ou pour faire du mal ? », s’est ainsi interrogé le juge Robert Sacks afin d’établir si un produit utilisé en temps de guerre et qui n’était pas conçu pour tuer directement des personnes enfreint le droit international. Sauf coup de théâtre, les victimes du funeste « Agent Orange » risquent donc de ne jamais avoir leur procès.
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