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![]() Entreprises \Impact local \SantéAccès aux médicaments : Novartis perd son procès contre l'Etat indienLa Haute Cour de Justice de Chennai a débouté Novartis dans sa plainte contre l'état indien. L'objectif du groupe pharmaceutique était de récupérer des brevets sur des médicaments génériques qui ont permis de soigner à bas coût des dizaines de milliers de malades dans les pays en développement. Lancée par MSF, la campagne contre Novartis a mobilisé de nombreuses ONG pendant des mois.
MSF dénonce une rente de monopole
L'ONG constate que le secteur pharmaceutique se caractérise par " de plus en plus de brevets et de moins en moins d'innovation ". " Les brevets garantissent un monopole dans un pays pendant 20 ans minimum. Les entreprises qui les détiennent peuvent ainsi vendre leurs médicaments à un prix élevé puisqu'il n'y a aucun concurrent localement. Au contraire, en l'absence de brevet, de nombreux producteurs se disputent le marché, ce qui fait baisser les prix ", observe l'ONG. Alors qu'ils sont censés financer les efforts de recherche et d'innovation, les bénéfices crées par les brevets différentes études montrent que sur les 15 dernières années, le taux d'innovation a diminué, avec une augmentation des médicaments " me-too " qui représentent pas, ou très peu, d'innovation thérapeutique. Une étude publiée en avril 2005 par la revue " Prescrire " a conclu que 68 % des 3098 nouveaux produits approuvés en France, entre 1981 et 2004, n'apportaient aucune amélioration par rapport aux médicaments existants. De même, le " British Medical Journal " a publié une étude indiquant que 5% à peine de tous les médicaments nouvellement brevetés au Canada constituaient une innovation. Enfin, une analyse du Food and Drug Administration américain, réalisée entre entre1989 et 2000, sur plus d'un millier de nouveaux médicaments a révélé que les trois quarts d'entre eux n'apportaient aucun bénéfice thérapeutique par rapport aux médicaments existants. Par ailleurs, la réglementation de l'OMC sur les aspects commerciaux des droits de propriété intellectuelle (Adpic), adoptée en 2001, prévoit le droit d'utiliser des " sauvegardes " pour la santé publique. En attaquant la législation indienne, Novartis remettait en cause le contenu de ces accords, qui ont pourtant déjà contraint l'Inde à rétablir certains brevets pour la production pharmaceutique en 2005. Malgré ces arguments, Novartis avait proté plainte, affirmant qu'il intentait une action en justice " suite au refus du gouvernement indien de breveter le Glivec, médicament anti-cancéreux innovateur ". Le rejet de Glivec limitait selon Novartis " de manière injustifiable et illégale le champ de la brevetabilité en Inde". "Nous contestons l'imposition de ces obstacles additionnels qui décourage l'innovation pharmaceutique", expliquait alors le groupe en ajoutant qu'il a pour seul objectif " la protection de la propriété intellectuelle". La firme ajoute que "la simple disponibilité de génériques ne suffit pas à résoudre convenablement l'accès durable aux soins dans les pays en développement". Cette problématique doit être selon elle considérée dans la globalité des aspects qui lui sont liés: "pauvreté, politiques de développement national discutables, corruption, inefficacité des systèmes de santé et manque d'incitation du marché pour la recherche sur les maladies négligées". " Novartis affaiblit l'ensemble du système " Le 15 février, la mobilisation avait pris un nouveau tournant en Suisse, où la Déclaration de Berne, MSF et Oxfam International ont fait part du ralliement de l'ex-présidente de la Confédération Ruth Dreifuss pour demander à Novartis de retirer sa plainte. L'archevêque Desmond Tutu, l'ex-envoyé spécial de l'ONU pour le VIH/sida en Afrique, Stephen Lewis et le Dr Michel Kazatchkine, responsable du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria sont eux aussi impliqués dans cette campagne. " La Déclaration de Doha instaure un équilibre entre la propriété intellectuelle et la santé publique ", a rappelé Ruth Dreifuss, qui a présidé les travaux, entre 2004 et 2006, de la Commission sur la propriété intellectuelle, l'innovation la santé publique de l'OMS (CIPIH). " Cet équilibre ne peut être obtenu que si les pays utilisent les flexibilités contenues dans l'accord ADPIC, ce que la loi indienne fait. En remettant en question cela, Novartis sacrifie les objectifs de santé publique et affaiblit l'ensemble du système. " Dans un communiqué, la Déclaration de Berne, ONG suisse, " salue la décision de la Haute Cour de Justice de Chennai", qui "profite en premier lieu aux malades d’Inde et des autres pays en développement". L'ONG demande à Novartis et à l'état suisse de "respecter cette décision en renonçant à faire appel"auprès de l'OMC.
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