|
Devançant l'accord, désormais proche, de l'OMC sur l'accès des pays en développement aux médicaments génériques, plusieurs grands groupes pharmaceutiques ont annoncé avoir déjà mis en place leurs propres partenariats. Ainsi, l'américain Pharmacia a décidé d'accorder une licence à la fondation néerlandaise International Dispensary Association, afin qu'elle fournisse une version générique d'un de ses médicaments contre le sida. Le PDG de GlaxoSmithKline, Jean-Pierre Garnier, a annoncé de son côté avoir conclu un accord avec des fabricants en Afrique pour la distribution de ses médicaments génériques contre le sida. Le 20 décembre 2002, les négociations de l'OMC concernant le droit des brevets, censées autoriser des copies de médicaments brevetés pour traiter les maladies graves comme le sida ou le paludisme, avaient échoué, les Etats-Unis craignant que ce dispositif soit étendu à d'autres maladies, et pénalise, en conséquence, l'industrie pharmaceutique. Les multinationales du médicament redoutent en effet qu 'à terme, les brevets ne soient plus respectés que dans quelques pays riches. " Un geste assez modeste " L'organisation mondiale de la Santé a salué les initiatives volontaires des laboratoires, soulignant le fait qu'ils donnent ainsi " aux gens les plus pauvres un meilleur accès aux médicaments ". " Idéalement, de tels produits devraient bénéficier d'un traitement national et international ", a-t-elle néanmoins ajouté. De fait, il n'est pas certain que les fabricants de médicaments des pays en développement puisse utiliser ces licences de produits génériques, compte- tenu des investissements nécessaires au processus de fabrication. Par ailleurs, Henry McKinnell, PDG du groupe Pfizer, reste sceptique sur l'efficacité de tels accords " Si l'accord avec l'OMC est une question très symbolique pour le monde en développement, c'est un geste assez modeste en terme de licences, a-t-il déclaré. En fait, cela concerne seulement 300 produits ".
|