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![]() Entreprises \Impact local \Développement régionalDanone crée une micro-usine avec le prix Nobel de la PaixLe micro-crédit n'est pas la seule activité de Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix 2006. Il applique ce principe de développement à d'autres secteurs. Avec Danone, il a créé, en 2006, la Grameen Danone Foods. Leur première micro-usine, ouvrira dans le nord du Bengladesh, le 7 novembre prochain. Objectif : proposer aux habitants de Bogra, un aliment frais pour lutter contre la malnutrition et créer de l'emploi localement.
« Nous créons une entreprise sociale » explique Bernard Giraud, directeur du développement durable du groupe Danone. « Elle doit permettre de lutter contre la malnutrition et la pauvreté mais rester sur un modèle économique viable.» Le projet est né de la rencontre entre Franck Riboud, le patron du groupe, et Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix 2006 mais aussi et surtout fondateur de la Grameen Bank (voir encadré). Elle décline l’idée qu’il faut prêter aux pauvres pour les aider à construire leurs propres sources de revenus dans plusieurs secteurs. Le La Grameen Bank en quelques chiffres
La Grameen Bank créé par Muhammad propose des micro-crédits dans le monde entier. Elle comptait, en mai 2006, 6,67 millions de clients dont 97% d’entre eux sont des femmes qui représentent autant de familles. Les emprunteurs sont actionnaires de la banque. Plus de 500 millions de dollars sont prêtés chaque année, sous la forme d’emprunt d’environ 120 dollars. Ces prêts servent à financer des projets qui génèrent un revenu, à accéder au logement, ou à financer l’éducation des enfants. La banque prête aux mendiants sans intérêt. Au Bengladesh, elle est présente dans plus de 70 000 villages, soit 86 % d'entre eux.
« Nous avons réuni au Bengladesh plusieurs expériences menées dans d’autres pays comme l’Indonésie ou l’Afrique du sud» résume Bernard Giraud « mais nous avons bénéficié de l’exceptionnel réseau de la Grameen pour mettre au point un projet global». A Bogra, la Grameen Bank aide à financer toute la chaine de production. Elle aide les paysans voisins à acheter des vaches pour produire le lait, au montage de l’usine mais aussi à la mise en place d’un mode de distribution adapté. La chaine du froid étant pour le moins aléatoire dans cette région du monde, il faut organiser une livraison quotidienne, porte à porte. 2000 « Grameen ladies » apporteront chaque jour leur yahourt aux plus démunis qui l’achèteront à un prix proportionnel à leurs moyens. Enfin, la Grameen Danone Foods recrute localement ce qui explique le recours à des processus simplifiés comportant moins d’automatisation électronique. « La simplicité n’empêche pas que les normes de sécurité soient exactement les mêmes qu’en Europe » précise Bernard Giraud. La taille de l’unité de Bogra reste modeste. Elle doit produire 3000 tonnes de yahourts contre 100 000 pour une usine classique de Danone, dès début 2007. Sa réussite économique doit permettre ensuite de financer de nouvelles micro-usines. A terme une cinquantaine d’unités pourrait voir le jour au Bengladesh. La première d’entre elles recevra, pour son inauguration le 7 novembre, rien moins qu’un prix Nobel de la paix, un grand patron du CAC 40, Franck Riboud, et un champion du monde de football Zinedine Zidane, devenu ambassadeur du groupe ! Le plateau est à la hauteur de l’ambition affichée par Muhammad Yunus à la création de la Grameen Danone Foods Social Business. Pour lui, "il s’agit d’une entreprise dont l’ambition n’est pas de maximiser les profits mais de servir les intérêts de la population, sans, pour autant, subir de pertes. Ce projet de petite envergure sera peut-être à l’origine d’un tout nouveau type de marché qui saura changer les fondements économiques du monde !"
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