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Au Guatemala, la crise dans laquelle est impliquée l'entreprise Pepsi Cola a débuté il y a quatre ans chez l'embouteilleur franchisé CabCorp (Mariposa au moment des faits). En 2000, le syndicat demande la négociation d'une nouvelle convention collective, l'ancienne venant d'expirer. Cela provoque une rupture du dialogue et, selon l'association française Réseau-Solidarité, qui a lancé une campagne de mobilisation en juin dernier, " une campagne de persécution des dirigeants syndicaux " menée pendant deux ans. Le 5 novembre 2002, 99 ouvriers sont licenciés, officiellement, en raison d'une restructuration interne liée à un sureffectif. Mais parmi eux, 66 salariés étaient syndiqués, et peu de temps après, de nouveaux ouvriers, moins bien payés et non syndiqués, sont embauchés.
Coca-Cola, Pepsi même combat
Depuis 2002, les ex-ouvriers de CabCorp protestent contre la violation de la convention collective et du Code du travail guatémaltèque, et se battent pour obtenir leur réintégration et une nouvelle convention collective. Ils ont assigné deux fois l'entreprise devant la justice et ont obtenu du juge du travail l'ordre de réintégration. Pepsi s'appuie sur une décision de la Cour suprême de justice pour ne pas obtempérer. Ils ont même été reçus, en avril 2004, par Oscar Berger, le nouveau chef d'Etat, qui a fait une offre de médiation pour obtenir une augmentation de l'indemnisation proposée par CabCorp, refusée par les anciens ouvriers, qui gardent espoir. En effet, chez Coca-Cola, le soutien et la mobilisation internationale, cité en exemple par le Réseau-Solidarité, ont permis lors d'un conflit similaire au Guatemala en 1984, d'imposer la création d'un syndicat, qui aujourd'hui... soutient les salariés licenciés chez Pepsi.
L'appel au boycott
L'action des syndicalistes guatémaltèques illustre la dimension internationale de ce type de conflit. Le 18 août dernier, alors qu'aucune réaction de Pepsi n'avait été enregistrée, ni au Guatemala, ni en France où près de 5 000 cartes de protestations avaient été envoyées au siège français, les syndicalistes licenciés appelaient, par mail, au boycott de la marque en soutien à leur lutte. Dans les quinze jours qui suivirent, un courrier émanant de la direction de Pepsi Cola au Guatemala, envoyé aux employés de Cabcorp, démontait les arguments des syndicalistes, arguant du respect du droit du travail dans cette affaire et protestait contre l'appel au boycott.
Toyota ou le syndicalisme multinational
L'exemple de Toyota est une version de l'internationalisation de la mobilisation. Aux Philippines, Toyota, au modèle social souvent mis en avant, refuse depuis quatre ans l'existence d'un syndicat indépendant, le Toyota Motor Philippines Corporation Workers Association (TMPCWA), créé en 1998 : poursuites judiciaires pour faire interdire ce syndicat, pression sur le gouvernement philippin avec menaces de quitter le pays... Une grève déclenchée, en mars 2001 par le syndicat, suivie par 700 ouvriers qui cessèrent la production sur deux sites pendant plusieurs semaines, ne leur a pas permis d'obtenir gain de cause. Une loi a même été promulguée rendant " illégale toute activité de protestation par le syndicat ". Conséquence immédiate, 233 ouvriers ont été licenciés en août 2001, soit tous les membres du syndicat. Cela déclencha un mouvement de protestation et de soutien au Japon fin 2001 (Protest Toyota Campaign), relayé dans le monde entier.
Les syndicats comparent les politiques sociales
En juin 2004, Ed Cubelo, responsable du syndicat philippin TMPCWA, est venu à Genève pour participer à la conférence de l'Organisation internationale du Travail (OIT), dont le Comité de la liberté syndicale a récemment recommandé au gouvernement philippin d'œuvrer pour la réintégration des syndicalistes et le respect de ce droit. Des hauts représentants de Toyota, dont le PDG Fujio Cho, étaient présents. Le syndicaliste philippin s'est ensuite rendu à Valenciennes où il a rencontré ses homologues français et japonais sur le site de Toyota, puis à Paris, où il a dialogué avec des militants et responsables nationaux de syndicats français. Cela a renforcé la mobilisation sur la campagne d'interpellation de Toyota, et permis de dresser, remarque le Réseau-Solidarité, un état des lieux de la stratégie commune appliquée aux divers pays : " Au-delà des différences dues à la plus ou moins grande effectivité de la législation du travail, la stratégie du groupe Toyota use des mêmes moyens pour tirer les droits des travailleurs vers le bas : organisation délibérée du turn-over, recrutement d'une main-d'œuvre jeune et inexpérimentée, pression et harcèlement des responsables syndicaux, constitution de syndicats "maison", etc ". D'où la nécessité, conclue Réseau-Solidarité, " de tisser des réseaux internationaux pour contester cette politique globale dans un groupe qui pourrait mieux faire si l'on en croit les 8,64 milliards de dollars de bénéfices réalisés en 2003 ".
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