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Depuis janvier 2004, toutes les organisations syndicales de Nouvelles Frontières ont le droit d’utiliser la messagerie électronique pour envoyer des informations à l’ensemble des 1500 salariés, et cela sans aucune restriction sur la périodicité et les contenus de ces envois de masse. La priorité est à l’autorégulation. « Aucun des syndicats n’abuse du tractage électronique alors que les négociations avec la direction sont souvent tendues. Il ne s’agit pas de saturer le personnel de messages mais au contraire de bien identifier les moments clés qui se prêtent à une diffusion de masse », explique Michelle Cohen, déléguée syndicale CFE-CGC de ce voyagiste dont l’accord concernant les moyens d’expressions des syndicats sur l’intranet dénote dans un paysage plutôt sous contrôle. Crainte de l’interactivité Invoquant la crainte de dérives et de leurs conséquences en termes d'encombrement du réseau, la grande majorité des directions des ressources humaines se refusent à autoriser les syndicats à pratiquer le tractage électronique. Résultat : les accords concernant les moyens accordés aux syndicats sur les "sites maison" se limitent souvent à de simples panneaux d’affichages électroniques. Chez Eurodisney, les sites intranet des syndicats ne permettent pas, par exemple, de proposer des liens vers des sites Internet sauf celui menant vers leur confédération. Pas question non plus d’autoriser les salariés à utiliser leur adresse professionnelle pour s’inscrire sur une liste de discussion, et cela, même si cette dernière est hébergée à l’extérieur de l’entreprise. C’est le sens de l’ordonnance rendue en octobre 2004 à l’encontre de la section CFDT d’Oracle qui a été également contrainte de supprimer les espaces de publication qu’elle s’était tacitement octroyés sur le réseau interne. C’est donc désormais sur un blog que la CFDT d’Oracle articule, avec succès, sa stratégie d’information. Dans le contexte du plan de restructuration, induit par le rachat d'une autre entreprise , PeopleSoft, la direction a été jusqu’à interdire la publication d’informations d'ordre socio-économiques sur le site intranet du comité d’entreprise.
Fronde interne Le 22 mars 2005, la direction a signifié au délégué syndical CFE-CGC de SAP de cesser d’utiliser sa messagerie professionnelle pour adresser des informations à l’ensemble des salariés au motif qu’il n’y avait pas d’accord d'entreprise sur se sujet et que cela constituait un « trouble au bon fonctionnement de l’entreprise », le tout assorti d’une menace de saisine de la juridiction compétente. « J’utilise la liste de diffusion lorsque j’estime que cela est nécessaire. La direction s’en accommode », remarque l'intéressé, Eric Yahia. Chez Microsoft, la CFTC a, elle aussi, utilisé, en 2003, la messagerie interne pour adresser sa newsletter bimensuelle sans accord préalable. Début 2004, la direction a demandé l’arrêt de cette pratique. Des négociations ont alors débuté pour déboucher sur un accord à la fin de l'année. Deux fois par an, les syndicats sont autorisés à envoyer un message standard à tous les salariés pour leur rappeler l’existence de leurs sites intranet, par ailleurs assez peu accessibles dans l’arborescence du système d’information. L’abonnement à une liste de diffusion de chaque syndicat est proposé mais les salariés doivent utiliser une adresse personnelle pour s’inscrire et la DRH est en copie de chaque message envoyé. Selon Priscille Bellenger, déléguée CFE-CGC de Microsoft, « cet accord ne nous donne que très peu de visibilité. C’est finalement par le tractage papier que je parviens à toucher le plus de monde. C’est pour le moins paradoxal dans une entreprise comme celle là ! ».
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