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En février 2002, à la suite à son congrès de Tours, la CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres) publiait un rapport d’une centaine de pages intitulé « Environnement et développement durable ». « Il ne s’agissait pas pour nous de produire un énième document sur l’environnement, ce n’est pas notre spécialité, précise d’emblée Michel Bacher, délégué national au développement durable au sein de la CFE-CGC. Mais de replacer l’être humain, le salarié, au centre des préoccupations liées à l’environnement au sens large : aussi bien les relations sociales au sein de son entreprise que l’impact de celle-ci sur ce qui l’environne ». Un enjeu encore mineur dans l’entreprise
Ce que propose la CFE-CGC
-Création d’une « commission environnement et développement durable » (distincte du comité d’entreprise) au sein des sociétés de plus de 300 salariés ; -Obligation d’établir un bilan environnemental et sociétal pour toute entreprise implantée en France (qu’elle soit cotée en Bourse ou non) ; -Création d’un « Institut du développement durable », comparable dans ses missions aux Instituts du travail ou des hautes études en défense nationale ; -Etablissement d’un plan de formation en matière de développement durable pour les entreprises et leurs salariés ; -Implication des salariés dans les choix de production de l’entreprise (gestion des matières premières, de l’énergie, du stockage, du recyclage des produits).
Fruit de trois années de réflexion au sein du syndicat, le rapport de la CFE-CGC a mis à contribution 7 des 28 fédérations que compte la centrale (fonctions publiques, eau et assainissement, retraités, industrie électrique et gazière, métallurgie, énergie et mine). Rapidement, Michel Bacher et Claude Courtry (secrétaire national du pôle services et cadre de vie) se rendirent compte que les questions de développement durable ne constituaient une priorité ni pour les représentants syndicaux, ni pour les directions d’entreprise et encore moins pour les salariés. Les deux représentants syndicaux confessent à ce propos que leur rapport recèle des concessions, nécessaires afin de ne pas froisser la sensibilité de telle ou telle fédération de la CFE-CGC…« Dès que des intérêts économiques sont en jeu, qui plus est en période de crise, il devient difficile de concilier la défense de l’emploi avec la protection des personnes et de l’environnement, constate, à regret, Claude Courtry. La vision économique prime toujours. Si des mesures légales ont par exemple des conséquences négatives sur la productivité, l’entreprise cherchera à s’y soustraire. De même, une direction mettra dans la balance l’intéressement de ses salariés face à des investissements écologiques ». Illustration de ces difficultés, les directions d’entreprise se montrent plus désireuses d’obtenir l’approbation de leurs rapports sociaux et environnementaux par les centrales syndicales que de les impliquer, en amont, dans leur élaboration. « Sans cadre législatif, il sera difficile de faire avancer la cause du développement durable dans l'entreprise », estiment en chœur Michel Bacher et Claude Courtry. Un long travail de réseau S’estimant en pointe sur ces questions - avec la CFDT -, la CFE-CGC s’efforce néanmoins, avec le peu de temps dont elle dispose et une absence totale de budget dédié, de s’impliquer dans les questions environnementales. Membre du Conseil national du développement durable, la centrale est ainsi régulièrement auditionnée par des commissions parlementaires liées à l’environnement. Le syndicat des cadres a également contribué à la création de l’ORSE (Observatoire de la responsabilité sociale en entreprise) et a créé un groupe de réflexion « Environnement et entreprises » qui réunit industriels, représentants syndicaux et d’ONG. « Nous collaborons plutôt avec les institutions publiques et les sociétés qu’avec les ONG, car celles-ci, hélas, vivent en dehors du monde économique », indique Claude Courtry. « Or, il faudrait que les organismes non-gouvernementaux comprennent le fonctionnement et les enjeux des entreprises, afin de ne pas rester isolées. Pour travailler sur le développement durable, il faut que chacun s’approprie un langage commun et cherche à s'ouvrir à d'autres visions que les siennes ». Première étape de ce long processus, la CFE-CGC a ainsi établi des relations avec les ONG France Nature Environnement, Cap 21, Amnesty International, Orée, 4D et Transparency. « Notre volonté est de mieux se connaître entre parties prenantes. D’où notre volonté de multiplier les échanges d’expériences et de points de vue. Mais il faudrait retrouver un climat économique plus serein pour concrétiser nos réflexions », conclut Michel Bacher.
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