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Après trois années de pertes qui se sont traduites par une destruction de valeur de plus de 30 milliards d'euros, le remplacement en urgence du PDG du groupe et une quasi cessation de paiement, la principale préoccupation des actionnaires individuels semblait être, lors de l'assemblée générale, la compréhension des raisons de ce fiasco industriel et financier. Le premier rendez-vous institutionnel de Jean-René Fourtou avec ses actionnaires a toutefois été l'occasion pour la nouvelle équipe dirigeante d'essayer de mettre ce passé sulfureux derrière elle et de communiquer en toute "transparence" sur l'avenir du groupe. La restauration de la santé financière du groupe est, sans conteste, la principale préoccupation de Jean-René Fourtou. Afin de continuer à le désendetter, le PDG de Vivendi Universal (VU) prévoit de continuer son plan de cession d'actifs au cours de l'année 2003 afin de recentrer ses opérations autour de la téléphonie et l'audiovisuel, essentiellement en France. La première priorité de l'équipe est de retrouver une note financière "Investment Grade" afin d'une part de diminuer les charges financières, et d'autres part de pouvoir mettre la main sur la trésorerie de SFR. "2004 verra l'émergence d'un nouveau groupe avec un situation financière complètement assainie," promet Jean-Réne Fourtou à ses actionnaires. "C'est en tout cas avec cet horizon que je travaille, avec le conseil d'administration et mon équipe, à revaloriser le prix de votre action, à refaire une partie du terrain perdu, tout en étant conscient qu'après plus de 30 milliards de valeur détruite, on ne puisse atteindre les valorisations maximales antérieures" tempère-t-il. La RSE quasiment absente Dans ce contexte particulier, il était intéressant d'observer comment les questions de responsabilité sociale du groupe VU étaient abordées par ses actionnaires. D'une manière générale, cette question ne les intéressent guère. Seul le gouvernement d'entreprise les passionnent et, encore, essentiellement pour mieux comprendre la passé. "Comment les administrateurs ont-ils pu accepter de telles opérations ?", interrogeait un actionnaire individuel en faisant référence à l'équipe de l'ère Messier. Les nouveaux comités et la nouvelle équipe d'administrateurs, conforme aux dispositions établies par la loi américaine Sarbanes Oxley et à laquelle VU doit se conformer puisqu'il est coté à New York, n'intéressaient visiblement que très peu. La composition de cette nouvelle équipe a, quant à elle, fait l'objet d'une polémique sur le rôle de la famille Bronfman dans le conseil d'administration. Elle détient 4,2% du capital et occupe 2 sièges. Edgar Bronfman Jr a en outre été rémunéré comme consultant par VU au cours de l'année 2002. Il a ainsi reçu plus de 17 millions d'euros de la part du groupe, une fois tous ses avantages en nature et ses indemnités comptabilisés. "N'est-ce pas un emploi fictif ? ", s'est d'ailleurs interrogé Didier Cornardeau, le président de l'association des petits porteurs actifs (APPAC). La question de la rémunération des dirigeants est également omniprésente pour les petits porteurs. Frustrés par leurs lourdes pertes alors que les dirigeants continuaient à s'octroyer des augmentations de revenus, ils ont à de nombreuses reprises demandé que les plan de stock-options soient liés aux performances financières de l'entreprise. VU a pris des dispostions dans ce sens. Les autres enjeux de la RSE ont été largement négligés lors du débat. Le groupe a pourtant publié un rapport de responsabilité économique, sociale et environnementale 2002. Celui-ci énumère notamment les différentes chartes et comités mis en place par le groupe afin d'éviter une répétition du scénario catastrophe qui vient de se produire. L'idée qu'une bonne politique RSE peut être source de création de valeur et surtout de bonne gestion des risques, n'est pas encore comprise par l'actionnaire individuel. Ils ne se sont interessés au rapport qu'en tant que lecture les aidant à patienter avant l'ouverture de l'assemblée générale.
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