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C'est ainsi que seule la presse écrite a pu rapporter les débats houleux lors de la dernière assemblée d'actionnaires du fabricant d'automobile DaimlerChryler. Les compensations financières des membres de la direction et du conseil de surveillance ont été propulsés à des hauteurs jugées astronomiques - et peu justifiables, dans la mesure où ni les performances financières de l'entreprise, ni le cours de l'action ne pouvaient, aux yeux des actionnaires, justifier une telle mesure. Plus de critiques, moins d'éloges L'achat ne serait-ce que d'une action autorise un actionnaire à déposer une motion, l'assemblée des actionnaires votant ensuite pour ou contre son inscription à l'ordre du jour. Le 29 avril, l'association de journalistes a pu user de sa toute nouvelle liberté lors de l'assemblée d'actionnaires d'Allianz, le géant allemand de l'assurance. Sans grand succès apparent : « En théorie, si la majorité des actionnaires le veulent, il est possible aux journalistes de filmer la totalité de l'assemblée. Mais les gros actionnaires bloquent, c'est pour cela que notre motion fut rejetée, » regrette Frauke Ancker. Mais, précise la directrice, il ne s'agit pas tant de voir la motion adoptée que d'attirer l'opinion publique : « Notre action est une action basée sur le long-terme, nous espérons ainsi accentuer la pression sur les sociétés. Par ailleurs, notre action fut très favorablement acceuillie par les actionnaires ». Klaus Schneider, président de la SdK, une des deux plus grandes associations de défense d'actionnaires, observe également que le vent commence à tourner : « La pression sur les grandes sociétés augment, elles voient qu'il en va de leurs intérêts s'ouvrir un peu plus. Je ne pense pas qu'il sera trop difficile de réussir à ce niveau ». Une justification vacillante Le président de la SdK, qui milite également pour une meilleure information financière, doute de la bonne foi des sociétés : « Les actionnaires veulent être entendus, il n'existe aucune raison légale pour restreindre les droits des médias de la télévision et de la radio, » note Klaus Schneider. L'expérience du journaliste financier Christoph Arnowski vient également contredire l'argumentation des sociétés : ainsi l'institution financière HypoVereinsbank, qui n'a pas manqué de distribuer les listes des intervenants avec noms et adresses privées des actionnaires, ou Allianz, qui, pour sa part, a distribué du matériel de presse aux journalistes contenant des scènes montrant clairement des actionnaires, rapporte le journaliste. Seule exception : le fabricant d'articles de sport Adidas, qui autorise la retransmission en intégralité des assemblées de ses actionnaires. La question épineuse des conditions de travail chez les fournisseurs de l'entreprise allemande a ainsi pu être rapportée par la presse. Soucieux de rétablir la confiance des actionnaires, le gouvernement allemand a, quant à lui, émis une série de lois autorisant notamment la retransmission en intégralité sur internet des assemblées d'actionnaires. « Mais les sociétés continuent de ne retransmettre que les discours. A ce niveau, la loi n'apporte pratiquement pas d'amélioration, » regrette Klaus Schneider. Et les journalistes de la radio-télévision sont encore obligés d'éteindre leurs caméras et magnétophones dès la fin des discours.
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