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" C'est une avancée considérable ! " Marie-Claude Hessler, actionnaire activiste de Mattel depuis 1997, ne peut contenir sa joie de relater cette information, d'autant plus que la chose est passée plutôt inaperçue. Lors de l'assemblée générale du n°1 mondial du jouet, le 14 mai 2003, pour la première fois, un fonds de pension américain, le fonds de pension de l'Etat de New York, a demandé des comptes à Mattel quant aux accusations de violations du droit du travail chez ses fournisseurs chinois. Ce fonds représente l'ensemble des fonctionnaires de l'état et gère pas moins de 70 milliards de dollars. Les allégations sur les muavais traitements infligés chez les employés des sous-traitants sont étayées par l'organisation HKCIC (Honk-Kong Christian Industrial Commitee) qui a publié un rapport en 2001. Il s'intitule "De quelle façon Hasbro, Mc Donald's, Mattel et Disney fabriquent leurs jouets ?", et est le fruit d'une enquête sur les conditions de travail des employés des fabricants de jouets en Chine du Sud. Le constat est accablant .
Une rencontre en échange d'une résolution
C'est une dépêche d'AFX Global Ethics Monitor d'avril dernier qui a révélé " l'affaire du New York Pension Fund " . On y apprend que " Mattel va rencontrer des représentants du HKCIC dans le courant du mois pour discuter des allégations de violations du droit du travail dans les usines chinoises du fabricant de jouet américain, à la demande du Contrôleur de l'Etat de New York ". Ce " New York State Comptroller ", Alan G. Hevesi, est, entre autre, responsable de l'investissement des fonds de pension de l'Etat. A ce titre, et en tant qu'actionnaire de Mattel, il a déposé auprès du géant américain une proposition de résolution afin d'obtenir plus d'informations et des explications sur les résultats de l'investigation du HKCIC. Dans sa demande,il mentionne le fait " qu'en dépit de codes de conduite instaurés par Mattel dans ces usines chinoises, ces derniers sont violés au même titre que le droit du travail chinois, certains ouvriers n'étant même pas informés de l'existence de tels codes ". Cette requête ne sera pas discutée quelques mois plus tard au cours de l'assemblée générale, car Mattel, " qui a pris peur ", selon Marie-Claude Hessler, a rapidement envoyé un courrier à Alan G. Hevesi, lui mentionnant son intention de rencontrer le HKCIC pour discuter des plaintes recensées dans son rapport, en échange du retrait de la résolution.
Une première bouffée d'optimisme
La rencontre entre Mattel et le HKCIC n'a finalement pas eu lieu en avril , en raison essentiellement, selon le collectif de l'Ethique sur l'étiquette, de l'épidémie de pneumopathie atypique, qui freinait tout déplacement en provenance de l'île chinoise. D'autres raisons sont peut-être venues se greffer, selon l'association française. Quoiqu'il en soit, le fonds de pension américain attend toujours un compte-rendu de cette rencontre et souhaite être tenu au courant des prochains rapports du HKCIC. Il n'exclut pas de proposer de nouveau sa résolution l'an prochain si rien n'a véritablement évolué. Ce type de pression est salué par Marie-Claude Hessler, car elle provient d'un fonds qui ne pratique pas spécialement l'investissement socialement responsable. " D'ordinaire, ces interpellations provenaient de fonds éthiques ou de congrégations religieuses. Là, venant du New York State pension fund, cela confère un autre poids que quand cela vient d'une petite actionnaire comme moi ". C'est pourquoi Marie-Claude Hessler avait envoyé à plusieurs reprises le rapport du HKCIC au fonds de pension new-yorkais pour tenter de les alerter. Elle veut ainsi remettre la question à l'ordre du jour, à un moment où elle attend toujours le rapport du MIMCO (organe indépendant chargé d'auditer l'application du code de conduite Mattel) promis depuis quelques années déjà. " L'éthique est moins en vogue dans les priorités de communication de Mattel, constate Marie-Claude Hessler. Cela s'explique par le fait qu'ils ont été les premiers à mettre en place un code de conduite, et à communiquer largement là-dessus. Aujourd'hui, d'autres firmes du secteur les ont imités, l'argument n'est donc plus aussi percutant. Du coup, comme le prouve le rapport annuel 2003, cette année, l'entreprise revient à ses premières amours : la philanthropie, à travers, essentiellement le bénévolat de ses salariés ! ".
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