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Rémunération des dirigeants ou la bonne gouvernance balbutiante

Entreprises \Gouvernance \Rémunération des dirigeants

Publié le 21-01-2004

Selon l'étude publiée par l'European Corporate Governance Institute en juin 2003, les dirigeants des grands groupes français sont les mieux payés d'Europe avec un salaire annuel moyen de 1,85 millions d'euros. S'ils sont encore loin des rémunérations de leurs homologues américains, leur situation fait emprunter à Pascal Clément à leur sujet l'expression anglo-saxonne de "fat cats". Député de la Haute-Vienne, il a conduit un rapport d'étape sur la gouvernance d'entreprise et, si certains en espéraient une loi fixant un plafond aux rémunérations des dirigeants, le rapport s'en tient à plusieurs propositions et rappelle l'urgence à redonner confiance aux actionnaires.

La loi NRE allait déjà dans ce sens en précisant que "le rapport de gestion doit rendre compte de la rémunération totale et des avantages de toute nature versés durant l'exercice à chaque mandataire social." Mais force est de constater que des progrès restent à faire, si un peu plus de transparence à ce sujet commence à apparaître, cette transparence demeure encore trop souvent opaque. Entre part fixe, part variable, actions gratuites, stock-options, bonus, etc., il n'est pas toujours simple pour l'actionnaire de s'y retrouver. Ni de savoir dans quelles mesures cette rémunération est liée aux résultats de l'entreprise.

Une situation qui fait dire à Jean Peyrelevade, "Je considère que les résultats actuels ne sont pas satisfaisants : les dirigeants des société françaises cotées sont trop rémunérés; contrairement à une idée reçue, il n'existe pas de marché international des dirigeants, mais seulement un marché national. La corrélation entre la qualité de gestion et la rémunération me paraît peu établie", comme le rapporte Pascal Clément.

Et c'est là l'un des points essentiels. Outre-atlantique, les dispositions prévues par la loi Sarbanes -Oxley ont impulsé un changement d'attitude des administrateurs américains qui ont massivement réformé les modalités de rémunération des PDG. Par exemple, l'importance de la part variable des rémunérations devrait servir à inciter les dirigeants à œuvrer sur les performances de long-terme de l'entreprise... S'ils restent les mieux payés du monde, les dirigeants américains ont vu leur revenus diminuer, surtout par la disparition de l'exercice des stocks-options.

En France, la part variable dans les salaires des dirigeants est la plus élevée d'Europe... mais elle ne semble pas encore avoir eu l'effet escompté. Toutefois l'adoption de la loi NRE place assez bien la France parmi les pays s'efforçant de mettre en place une meilleure gouvernance des entreprises. Ainsi outre-rhin, Jella Benner-Heinacher, de l'association de protection des actionnaires, déplore que ce qui est en train de devenir un standard international passe pour une exigence à peine acceptable aux yeux des dirigeants allemands. Et seule une petite minorité des trente entreprises cotées sur le Dax a publié le détail de la rémunération de ses dirigeants.

Il est, certes, toujours plus simple de penser que l'herbe est plus verte dans le pré du voisin. Les différents débats au niveau international à propos de la rémunération des dirigeants témoignent surtout de la nécessité de retrouver la confiance des investisseurs et des actionnaires. Une confiance fortement ébranlée par les scandales qui ont secoué la finance internationale. A défaut de pouvoir toujours lutter contre la fraude organisée, est-il possible de trouver des gages de stabilité et des moyens de rassurer les actionnaires. L'un d'entre eux, qui paraît de plus en plus évident aux yeux de tous, est de revoir les modalités de la rémunération des grands patrons pour une meilleure prise en compte des performances et son corollaire immédiat est de faire preuve d'une réelle transparence d'information à ce sujet.

Etat des lieux aux Etats-Unis, en Allemagne et en France.


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