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Les Assemblées Générales Annuelles (AGA) étaient, jusqu'à fort récemment, une simple chambre d'enregistrement des décisions des dirigeants de l'entreprise. L'activisme actionnarial, qui est pratiqué par un nombre croissant d'investisseurs institutionnels, est en voie de transformer la saison des AGA en période de grande incertitude pour les PDG et les présidents de leurs différentes commissions ou du conseil d'administration. Les actionnaires supportent en effet de plus en plus mal que les dirigeants des entreprises continuent à s'enrichir, et même à s'octroyer des augmentations conséquentes, alors que la valeur de leur portefeuille fond à vue d'œil. Ils ont donc décidé de combattre les différentes dispositions contractuelles qui prévoient une "rémunération de l'échec". Hostilité croissante à la "rémunération de l'échec" Le cas de GlaxoSmithKline (GSK) est particulièrement symbolique. Les actionnaires de cette entreprise ont rejeté à 50,72% le plan "d'indemnités de séparation" de 22 millions de livres (33 millions d'euros) proposé en cas de départ forcé de son président Jean-Pierre Garnier. Ce rejet pur et simple n'est toutefois que le sommet de l'iceberg, les résolutions semblables recueillent couramment plus de 30% de " non ". D'après le cabinet spécialisé en gouvernance d'entreprise Manifest, 17 dirigeants d'entreprises du FTSE sont couverts par des contrats de travail, leur assurant des indemnités supérieures à un an de salaire s'ils perdaient leur emploi. Michael Dobson, PDG du gestionnaire de fonds Schroders, détient le record du plus grand "Golden Parachute" avec 5,8 millions de livres (8,7 millions d'euros) . Les indemnités de licenciement ne représentent souvent qu'une faible part des sommes que les dirigeants ont négociées. Manifest estime ainsi à 6,4 millions de livres (9,6 millions d'euros)les indemnités de départ que recevrait le directeur de Prudential PLC, Clark Manning, en cas de rachat ou de fusion des opérations américaines de l'assureur. Il aurait ainsi droit à deux années et demi de salaire, soit 1,33 millions de livres (2 millions d'euros), et à plus de 5 millions de livres (7,5 millions d'euros) en stock-options divers. Le plan rejeté par les actionnaires de Glaxo prévoyait 18 millions de livres d'indemnités en actions pour le PDG. L'hostilité des actionnaires à ce type de rémunération a conduit l'entreprise télévisuelle Granada à demander à ses principaux actionnaires leur aide dans l'élaboration d'une politique de rémunération acceptable. "C'est une belle opportunité de mettre en place des procédures de rémunérations qui sont plus favorables aux actionnaires," a salué Richard Singleton, le directeur de la gouvernance chez ISIS Asset Management. Vers une modification des contrats des dirigeants Dès à présent, les investisseurs institutionnels s'opposent aux contrats de travail d'une durée supérieure à 12 mois pour les dirigeants des entreprises. Pour ceux-ci, ce type de contrat permet une meilleure réactivité ainsi qu'une simplification des modalités de destitution d'un dirigeant sous performant. Les 17 entreprises dont les présidents ont des contrats de 24 mois renouvelables par tacite reconduction se voient pressées par leurs actionnaires de les modifier. Granada, Tesco et Next sont particulièrement visés. Les observateurs estiment que les nouvelles dispositions législatives sur la rémunération des dirigeants, qui seront prochainement publiées par Patricia Hewitt (la secrétaire d'Etat au commerce et à l'industrie), devrait contenir des dispositions dans ce sens. Les rumeurs entourant ce projet de loi sont nombreuses et génèrent déjà l'hostilité de certains lobbies patronaux. Il serait notamment question d'imposer des critères de performance dans la rémunération des dirigeants. Le Department of Trade & Industry (DTI) prévoit ainsi de limiter les indemnités de départ des dirigeants ayant sous-performé. L'Institute of Directors, qui s'oppose à de telles limitations, se dit convaincu que le gouvernement Blair souhaite plafonner à six mois de salaire ces indemnités. Ces rumeurs illustrent la volonté du gouvernement de s'attaquer aux rémunérations excessives des dirigeants pendant les périodes de turbulences économiques. "Nous ne voyons aucun inconvénient à ce que les dirigeants reçoivent d'importantes compensations financières quand ils performent," tempère toutefois Tino Nandez du DTI. Si ces rumeurs s'avèrent fondées, une nouvelle ligne de front opposant les dirigeants d'entreprises et leurs différentes parties prenantes devrait s'ouvrir.
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