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La CFDT Cadres propose son aide en cas de « conflit de responsabilité »

Entreprises \Gouvernance

Publié le 07-03-2007

Pour aider les cadres confrontés à des « dilemmes de responsabilités » sur des questions environnementales, sociales, économiques et financières, la CFDT Cadres proposes ses services. Aux non adhérents elle propose une aide méthodologique gratuite. Les adhérents de la CFDT Cadres bénéficient quant à eux d'un accompagnement individualisé. La démarche s'inscrit dans le cadre de revendications visant à garantir le libre exercice de cette responsabilité.

Une équipe de 8 cadres de la CFDT Cadres est désormais disponible pour accompagner, par téléphone et face à face, l’ensemble de ses adhérents qui seraient amenés à se poser des questions sur la légitimité et le caractère éthique de certaines actions dictées par leur hiérarchie, et cela tant au niveau environnemental, social, économique que financier. Baptisé DilemPro2, ce service d’assistance s’inscrit dans une logique « d’aide au discernement ». « Il ne s’agit pas de prendre la décision à la place du cadre qui nous contacte mais de l’aider à prendre sa décision en fonction de sa capacité à en assumer toutes les conséquences. Les cadres accompagnateurs ont été sélectionnés de façon à proposer une expertise métier sur tous les principaux secteurs d’activité. L’approche ne relève pas de la psychologie », précise Jean-Paul Bouchet, le secrétaire général adjoint de la CFDT Cadres. Ces « cadres accompagnateurs » ont néanmoins tous suivi préalablement une formation aux techniques d’écoute et aux mécanismes de prise de décision. Le service est lancé, à titre expérimental, sur une période de deux ans. La question d’étendre le service à l’ensemble des adhérents de la confédération se posera peut-être ensuite. Pour les non adhérents, la CFDT Cadres propose, gratuitement, sur son site Internet l’offre DilemPro. Il s’agit de  fiches méthodologiques destinées à permettre aux cadres de « clarifier les termes du dilemme », « identifier les marges de manœuvre » ou encore « interroger les règles du jeu ». 
      
La loi du silence
     
 Pas moins de 100 000 plaquettes annonçant le lancement de ces deux services ont été imprimées. Ces supports de communication ne manquent pas de mettre en avant une série de revendications visant à garantir la responsabilité professionnelle des cadres. Le syndicat plaide notamment pour la reconnaissance d’un droit des cadres à s’exprimer  librement lorsqu’ils contestent une décision hiérarchique. La question du droit d’alerte est ensuite soulevée alors que Paul-Henri Antonmattéi (doyen de la faculté de droit de Montpellier) et Philippe Vivien (Directeur des Ressources Humaines d’Areva) ont remis, le 6 mars 2007, un rapport sur les chartes éthiques et les dispositifs d’alertes professionnelles à Gérard Larcher, le ministre délégué à l’emploi et au travail. Tout comme les rapporteurs, la CFDT Cadres estime que la mise en place de ces dispositifs, non anonymes mais garantissant la confidentialité, doit faire l’objet d’une négociation entre les partenaires sociaux. La question de la reconnaissance du droit d’un cadre à s’opposer à une décision hiérarchique est également à l’affiche. Enfin, le syndicat plaide pour un « droit à démission légitime », permettant d’obtenir une indemnisation équivalente à celle d’un licenciement, lorsqu’un cadre s’estime être en porte-à-faux sur un plan éthique avec sa direction. En attendant, il n’y a quasiment pas de contentieux aux Prud’hommes concernant des cadres licenciés pour avoir contesté les décisions de leur employeur. « La loi du silence est de rigueur. Les départs se font dans le cadre de transaction » déplore François Fayol, le secrétaire général de la CFDT Cadres. Et pour cause, les cadres au fait de pratiques illégales disposent des moyens de négocier de conséquentes indemnités de départs en contrepartie de leur silence même si cette pratique n’est pas foncièrement éthique. Pour François Fayol, « la crédibilité de la RSE passe par la garantie de la responsabilité professionnelle des cadres. Les entreprises ont donc tout intérêt à faciliter et à sécuriser la libre expression de leurs cadres. C’est un signe fort. » D’ici une semaine, un questionnaire en ligne sera proposé sur le site dédié (voir lien), ouvert à l’initiative de la CFDT Cadres et de 6 partenaires dont l’Ugict-CGT et le Centre des Jeunes Dirigeants (CJD). L’objectif de ce questionnaire collectif  est d’analyser comment les cadres se positionnent par rapport à leur responsabilité sociale mais aussi à celle de leur entreprise.
Rodolphe Helderlé
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