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![]() Laurence Parisot
Entreprises \GouvernanceGouvernance : les nouvelles règles du MEDEFLe MEDEF et l'AFEP ont présenté, lundi 6 octobre, le code de gouvernement d'entreprise qu'ils demandent aux sociétés cotées d'appliquer. Les organisations patronales préconisent la fin des parachutes dorés et la transparence sur la rémunération des dirigeants.
Alors que la crise financière occupe les esprits, Laurence Parisot a voulu, d’emblée, resituer le débat à sa manière. « La question de la rémunération des dirigeants n’est pas au cœur de la crise. Même les rémunérations les plus folles n’ont rien à voir avec cette crise », a-t-elle souligné pour montrer qu'elle ne voulait, en aucun cas, que cette question soit évoquée comme telle. Le document est fondé sur 6 principes : l’exhaustivité (la rémunération doit être décidée dans son ensemble – fixe , variable, stock options, retraite supplémentaire, jetons de présence et tout avantage particulier), l’équilibre (chaque élément qui compose la rémunération doit être motivé), le fameux « benchmark » (déterminer la rémunération en fonction du marché, du métier et de l’international), la cohérence (par rapport à l’entreprise, et aux rémunérations des cadres dirigeants et des salariés dans leur ensemble), la lisibilité (la rémunération doit être compréhensible pour les observateurs) et la mesure (la rémunération doit tenir compte de l’intérêt général de l’entreprise, des pratiques du marché et des performances des dirigeants). Législation plus stricte en Allemagne ?
Après la faillite de Hypo Real Estate, le débat sur les parachutes dorés a conduit le Ministère de la justice allemand à rappeller la législation en vigueur. La loi prévoit en effet que les managers incriminés remboursent avec leurs salaires, voire leurs biens privés, les sommes perçues. Or, aucun ne le fait car ils souscrivent à des assurances qui paient ces dommages et intérêts. L'information est révélée par le quotidien berlinois "Tagesspiegel", citant les représentants des assurances. S’agissant du cumul, Jean-Martin Folz (président de l’AFEP) a indiqué qu’un mandataire social (président, directeur général, membre du directoire, du conseil de surveillance, etc) ne pouvait plus, désormais, conserver son contrat de travail salarié. « Etre mandataire social signifie prendre des risques et il est normal d’avoir une rémunération élevée pour ces risques. En revanche, on ne doit plus bénéficier de toutes les protections qu’offre un CDI ». Une pratique « qui a eu lieu trop souvent », a-t-il ajouté. Quel contrôle? Des mesures inédites, certes, mais quid des entreprises qui n’appliqueraient pas ce code volontaire? « Il faudra l’appliquer ou s’expliquer », répond Laurence Parisot, qui appelle toutes les entreprises à « faire savoir qu’elles y adhèrent». Le contrôle et le suivi demeurent, quoi qu’il en soit, une affaire interne. L’AFEP et le MEDEF annoncent qu’ils analyseront les informations publiées. S’ils « constatent qu’une société n’applique pas l’une de ces recommandations sans explication suffisante, ils en saisissent les dirigeants », peut-on lire. Aucune sanction n’est prévue, mais les organisations promettent un rapport public « sur l’évolution du suivi des recommandations » chaque année. En élaborant ce code, les organisations patronales veulent éviter tout projet législatif et ne s’en cachent pas : « Dans ce domaine, tout le monde sait que la loi est contre-productive (…) La législation nuit à la créativité et aux engagements des chefs d’entreprise », a déclaré Laurence Parisot, répondant ainsi à la demande exprimée par Nicolas Sarkozy de présenter un code de gouvernance avant le prochain conseil des ministres.
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