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Lancée par Steria début octobre 2003, la charte sociale concerne sa branche Infogérance qui représente 50% de son chiffre d’affaires. Le principe de l’infogérance est simple puisqu’il s’agit de confier tout ou partie de son activité informatique à un prestataire. Dans les faits, c’est un peu plus complexe puisque le transfert et l’intégration peuvent être mal vécus par les personnes « reprises » et sources d’interrogations. « Un collaborateur transféré se sent souvent très mal. Il exprime d’une part un sentiment d’insécurité, d’amertume vis-à-vis de son ancien employeur et d’angoisses quand aux conditions de travail qu’il va retrouver chez son nouvel employeur », explique Muriel Neveu, DRH de Steria Infogérance. Aussi la charte a pour objectif de « lever les doutes et de formaliser nos pratiques de reprise du personnel », précise Muriel Neveu. Elle résulte d’une enquête interne préalable menée auprès de 200 salariés « repris » par Stéria. « Nous nous engageons dans cette charte sociale uniquement sur des principes que nous sommes en mesure de tenir et ce, le plus en amont possible, jusqu’à l’intégration complète du collaborateur au bout d’une année ». La charte comprend 24 engagements tels que « informer au plus tôt de manière transparente et claire », « assurer un accueil personnalisé », « proposer à chacun un poste et des perspectives », « assurer un suivi de l’opération »… Véritable feuille de route, la charte se veut évolutive et sera révisée chaque année. Des syndicats rétifs Les syndicats se montrent plus que réservés quant au bien-fondé de l’initiative. « Nous n’avons pas été impliqués dans la démarche, seulement informés lors d’une présentation au comité central d’entreprise au mois de septembre », rappelle Hocine Chemlal, délégué CGT de Stéria. Il pointe du doigt la charte qui, selon lui, « ne fait rien de plus que d’appliquer le code du travail, en particulier la loi L122.12 relative au transfert de personnel ». Christian Manivel, conseiller du président de Steria pour les externalisations, ne conteste d’ailleurs pas. IL affrime «d’abord offrir une pratique de trente ans dans la maîtrise des grands projets informatiques et le transfert de personnel ». Ces arguments qui ne convainquent pas Hocine Chemlal pour qui « la charte n’a d’autre vocation que de faire passer la pilule à des salariés qui, le plus souvent, ont peu de marge de manœuvre ».
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