Total et l'Erika : un pas de plus vers le procès
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Publié le 05-02-2006
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Jeudi 2 février 2006, la juge, en charge de l'instruction de l'affaire Erika, a prononcé une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. Ce nouvel acte de procédure a eu lieu près d'un an après que la chambre d'instruction ait mis fin aux demandes répétitives d'expertise du groupe pétrolier et recommandé une mise en examen pour complicité de mise en danger de la vie d'autrui et pollution maritime . Le procès devrait avoir lieu, au plus tôt fin 2006, soit 7 ans après le naufrage et la catastrophe écologique qu'il a provoquée.
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Depuis 1999, la soixantaine de parties civiles, victimes du naufrage de l'Erika à des degrés divers, bataillent pour que le groupe Total qui avait affrété le bateau pour transporter du pétrole soit traduit devant un tribunal. Après une longue bataille d'expertises et de contre expertises (voir article lié) la juge d'instruction vient de renvoyer devant le tribunal correctionnel quinze personnes dont quatre personnes morales : Total SA, Total Transport Corporation (TTC), Total Petroleum Services (TPS) et la société de classification italienne Rina ainsi que, le propriétaire armateur de l'Erika, le commandant du navire et un directeur juridique de Total responsable de la sécurité maritime...Le procès pourrait avoir lieu au plus tôt fin 2006 et devrait remettre sur le devant de la scène toutes les questions concernant la chaîne des responsabilités dans le transport maritime et le contrôle de l'état des bateaux. Vigipol, le syndicat qui a été créé après le naufrage de l'Amoco-Cadiz et rassemble 98 communes bretonnes est satisfait de ce renvoi. Il estime que le procès sera l'occasion de montrer qu'un grand groupe pétrolier a une responsabilité dans le choix des navires qu'il affrète. Le groupe Total quant à lui rappelle que l'Erika disposait de certificats en règle et entend démontrer que ce qu'on lui reproche n'est fondé ni dans les faits ni sur un plan juridique. L'Erika qui arborait un pavillon maltais, a sombré le 12 décembre 99 au sud du Finistère avec 30 900 tonnes de fioul lourd à bord ce qui a entraîné la pollution de 400 kilomètres de côtes. En 2001, le préjudice avait été estimé à un peu moins d'un milliard d'euros (voir article lié). Les indemnités maximum auxquelles peuvent être condamnées les prévenus sont de 100 000 euros mais des actions au civil pourront ensuite être entamées. Le groupe Total précise qu'il a déjà versé 200 millions d'euros à titre volontaire pour réparer les dégâts.
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A.C.H.
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