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Si la conférence de presse organisée par l’AMF (Association des Maires de France) et Eco-emballages le 17 mars portait, en principe, sur l’objectif du Grenelle – parvenir à 75% de déchets ménagers triés en 2012-, il a bien sûr été question des suites du scandale financier qui a touché l’éco-organisme en décembre 2008. Il avait placé 70 millions d’euros de sa trésorerie sur des fonds à risque, situés dans les Iles Caïman. Ils se sont retrouvés bloqués en raison de la crise financière. L’organisme avait alors annoncé des pertes potentielles de 22 millions d'euros et son directeur général, Bernard Hérodin, a été licencié pour faute grave. 4 mois plus tard, Eco-Emballage annonce avoir récupéré 22 millions sur les 70 et avoir provisionné ses comptes à hauteur de 50 millions d’euros, comme cela lui a été recommandé par Deloitte, chargé d’un audit réclamé par le gouvernement suite au scandale. Plusieurs mécanismes de contrôle ont été mis en œuvre, notamment une charte de trésorerie interdisant les placements à risques (cette charte est toutefois valable pour tous les éco-organismes), un comité d’audit (qui n’existait pas auparavant chez Eco-Emballages) et le renforcement du rôle de l’Etat en matière de contrôle. Par ailleurs, les deux présidents ont également rappelé que la plupart des décisions prises par l’éco-organisme étaient en fait encadrées car prises dans le cadre de nombreux comités. Un nouveau directeur général doit par ailleurs être nommé le 7 avril prochain. « Cette nomination intervient dans une période cruciale », reconnaît Oliviers Desforges, membre du comité exécutif d’Eco-Emballages. « Le renouvellement de notre agrément par l’Etat intervient en 2011 (pour une durée de 5 ans), et nous devons parvenir aux nouvel objectif fixé par la loi Grenelle, à savoir 75% d’emballages ménagers recyclés en 2012 ». Un objectif ambitieux mais réalisable, puisqu’en 2007, 61,3% d’emballages ménagers ont été recyclés. Eco-Emballage restera un organisme de droit privé Rappelons qu’Eco-emballages est un organisme privé, agréé par l’Etat, qui gère l’éco-contribution versée par près de 47000 entreprises pour participer au recyclage des emballages. Il redistribue ensuite 92 % des sommes collectées aux collectivités locales pour qu’elles mettent en œuvre la collecte sélective des déchets et le recyclage. Durant le délai entre la réception de l’éco-contribution et le versement des aides aux municipalités, Eco-emballages réalise des placements, jusqu’ici peu transparents, mais autorisés néanmoins par son statut de Société Anonyme (SA)…C’est précisément ce statut privé qui est critiqué par les parties prenantes du recyclage, dont le Cercle national pour le recyclage et les associations de défense de l’environnent. Elles réclament davantage de contrôle et surtout, un statut spécifique pour ces structures qui travaillent étroitement avec les collectivités territoriales. Manifestement, il n’en est pas question aujourd’hui. Eco-Emballage restera bien un organisme de droit privé, dont les mérites ont été vantés lors de la conférence par Jacques Pelissard, président de l’Association des Maires de France : « Avec le système de collecte financière assuré par Eco-Emballages, les collectivités sont au moins certaines que l’argent leur sera reversé. Si l’Etat s’en chargeait, je ne suis pas sûr que nous retrouvions 92% de cette collecte, étant donné que les taxes qu’il perçoit ne sont pas toujours redistribuées à qui de droit… ».
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