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Le nombre exponentiel de téléphones portables inutilisés ou mal éliminés est préoccupant. Au 30 juin 2005, 75,2 % de la population française (soit 45,4 millions de personnes) était abonnée à un opérateur de téléphonie mobile, selon l’Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes (ART). Le parc de clients a augmenté de 3,1 millions entre le 30 juin 2004 et le 30 juin 2005, soit une croissance nette annuelle de 7,4 %. Parallèlement à cette flambée du nombre d’utilisateurs, la durée de vie des appareils diminue. Les principaux opérateurs - Orange (47,3 % des parts de marché), SFR (35,8 %) et Bouygues Telecom (16,9 %), offrent régulièrement de nouveaux appareils à leurs abonnés, en échange de leur fidélité. La rapidité des progrès technologiques rend par ailleurs les anciens modèles rapidement obsolètes. Selon une étude “Comportement des consommateurs en matière d'acquisition, de débarras et de temps de garde des appareils électriques et électroniques”, menée par TN SOFRES Consulting pour le compte de l'ADEME en juillet 2002, 32 % des appareils acquis par renouvellement remplacent un appareil techniquement dépassé mais qui fonctionne encore. 39 % des utilisateurs conserveraient donc leur ancien appareil sans l’utiliser. Parmi eux, 42 % le garderaient en dépannage, mais 29 % ne sauraient pas quoi en faire. Ils finiront probablement par le jeter. Recyclage obligatoire
2 portables usagers pour 1 concert
Le 19 novembre au Dôme de Marseille, pour entrer à « La nuit hip hop pour la vie » et voir des artistes comme 3ème Œil, Psy 4 de la Rime, ou Berretta, les spectateurs devront se présenter à la caisse avec… deux portables usagers. Le recyclage de ces appareils par la société Fonebak permettra à l’association Pour la Vie de soutenir les enfants atteints de la myopathie de Duchenne, d’aider les populations n’ayant pas accès aux moyens de communication modernes et de préserver l’environnement. Plus d’informations sur www.fonebak.fr.
Quand ils se transforment en déchets, les appareils comme les téléphones mobiles nécessitent des traitements particuliers. Une directive européenne sur les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) impose, depuis le 13 août 2005 aux constructeurs d'en assurer la collecte, le tri et le traitement. Selon le décret n°2005-829 du 20 juillet 2005 publié le 22 juillet 2005, transposant les directives 2002/95/CE et 2002/96/CE relatives à la limitation des substances dangereuses et à l'élimination des déchets d'équipements électriques et électroniques : « Le principe de responsabilité du producteur s'applique pour la gestion de la fin de vie de tous les appareils mis sur le marché à compter du 13 août 2005, la gestion des déchets historiques (c’est-à-dire provenant d'équipements mis sur le marché avant cette date) restant de la responsabilité des utilisateurs. »Les opérateurs se mobilisent Orange a été le premier opérateur à introduire un processus de récupération au Royaume-Uni pour collecter et recycler les terminaux, accessoires et batteries, suivi par Mobistar en Belgique. Depuis la directive, l'opération a été mise en place en France par Orange, Bouygues Telecom et SFR, qui font tous trois appel à Fonebak, une société européenne spécialisée dans la récupération et le recyclage de portables, présente en France depuis 2002, pour assurer le traitement de leurs appareils. Composé en majeure partie de matières plastiques (environ 63%) recyclables ou réutilisables, un téléphone mobile contient également des petites quantités de métaux précieux (or, argent...) ainsi que des métaux de base (cuivre, métaux ferreux...) qui peuvent être récupérés. Les batteries des téléphones mobiles se divisent selon trois grandes catégories en fonction de leur composition : Nickel Métal, Nickel Cadmium et Lithium. Les solutions pour recycler :
En fonction de l’ancienneté et de l’état de l’appareil, Fonebak envisage plusieurs solutions : - Le reconditionnement : les téléphones et les accessoires en bon état et qui ne demandent que de petites réparations sont testés et re-conditionnés avant leur revente, en occasion, sur des marchés à faible pouvoir d'achat. - Le réemploi : certains composants sont récupérés sur des équipements endommagés, comme pièces de rechange. - Le recyclage : les appareils les plus anciens ou qui sont le plus sérieusement endommagés sont envoyés en recyclage pour réutilisation des matières premières qu’ils contiennent. - L’élimination : moins de 1% du volume collecté et traité est éliminé vers les décharges. Certaines matières sont incinérées pour la production d'énergie au plan local. « Les bénéfices tirés du traitement de ces déchets est supérieur au coût logistique", explique Jean-Lionel Laccourreye, président de Fonebak France."Les entreprises les convertissent en avantage client ou le donnent à des associations caritative ». Néanmoins, aucun opérateur ne communique sur ces initiatives, alors que ce type d’action favorable au développement durable est souvent mis en avant. Peut-être pour éviter de raviver le débat sur la dangerosité des téléphones portables.
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