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A l'occasion du salon Pollutec, rendez-vous annuel, organisé du 30 novembre au 3 décembre 2004, des professionnels de l'environnement (voir encadré), que Bartin Group, spécialiste français et européen du recyclage industriel, va présenter sa nouvelle activité de recyclage d'avions. Elle ne débutera effectivement qu'en 2005 mais le groupe entend surtout annoncer la création d'une plate-forme " agréée " de 15 000 m2, " soumise aux contrôles des installations classées pour la protection de l'environnement ".
Le salon Pollutec donne l'exemple
Cohérence oblige pour le salon des acteurs et des technologies de l'environnement, Pollutec a appliqué les principes de l'éco-conception à l'organisation de la manifestation : - Moquette recyclable, transformable en composants plastiques - Electricité verte fournie par un bouquet d'énergies renouvelables (Poweo) - Collecte sélective des déchets - Impression du journal sur papier recyclé - Généralisation du badge électronique pour limiter les badges en cartons
Bartin Group vient, après deux ans de démarche, d'obtenir l'approbation des services de la préfecture de l'Indre. La plate-forme sera située sur le site de l'aéroport de Chateauroux-Déols, en région Centre, aéroport déjà spécialisé dans la " mise en pension " et la maintenance d'avions, d'une capacité de 30 à 40 avions en moyenne. Le nouveau hangar pourra accueillir deux avions entiers sur sa dalle de béton " reposant sur une géo membrane étanche ", les avions stationnés devant toujours contenir près des trois quarts de leur plein en kérosène.
Des avions en fin de piste en 2007
L'idée était de se préparer pour un marché potentiel, nouveau et important : " Nous allons répondre à une demande liée à l'arrivée en fin de vie des avions construits dans le boom des années 70, époque des Boeing, explique Charles Kofyan, directeur général de Bartin Group. Si ce sont les Etats-Unis qui se chargent principalement des Boeing, en France et en Europe, nous allons être concernés par les Airbus, construits dans les années 80, et dont la majorité devrait être mis hors d'usage vers 2007 et 2008. " La progression de ce marché est donc liée à l'usure des avions mais aussi à leur nécessaire mise aux normes environnementales et de sécurité. Cela devrait représenter 300 à 400 avions à détruire dans le monde, dont près de 50 en France et en Europe.
Des hublots à récupérer, de l'aluminium à recycler
Pour développer cette nouvelle activité, Bartin Group, qui dispose de 25 sites en France et en Europe, spécialisés dans la récupération de métaux féreux et non féreux, a créé une nouvelle filiale, Bartin Aéro Recycling. Le recyclage venant compléter une offre de prestations déjà existante, mais encore peu développée sur le territoire français. Les avions, achetés mais aussi très souvent loués par les compagnies, sont parfois stationnés, opération très coûteuse, tant pour l'emplacement que pour la maintenance et le maintien en état de vol, requis par la réglementation. Si cela dure trop longtemps, un constructeur ou une compagnie peut alors préférer vendre l'avion à un broker, la plupart du temps américain, qui va se tourner vers un prestataire pour négocier avec lui le coût du démantelage puis le rachat de certaines pièces de l'avion. C'est là que le partenaire de Bartin Group, en l'occurrence l'aéroport spécialisé de Chateauroux-Déols, devrait intervenir, pour assurer le démontage des hublots, des sièges, des lampes, du matériel informatique... dont la durée de vie est souvent supérieure à leur potentiel d'utilisation. La phase finale, de récupération à des fins de recyclage, de l'aluminium (qui compose à près de 70 % un avion), de l'acier ou encore de métaux précieux, sera assurée par Bartin Group. La grande nouveauté, mise en avant par ce groupe créé en 1859, et dont le management environnemental a abouti à la certification ISO 14 001, est de proposer une " activité rarement pratiquée dans les normes ". L'agrément final de la plate-forme devrait être accordé fin 2005. Le groupe espère aussi certifier 25 de ses autres sites de recyclage.
Des manipulations à risque
En matière de manipulation sur les avions, les risques liés à certains de leurs composants laissent songeurs sur les filières non agrées. " Il peut y avoir des risques avec les réservoirs d'oxygène sous pression, décrit Charles Kofyan, ou les fluides à vidanger par exemple. " Reste aussi le délicat problème du maniement de l'uranium appauvri anciennement utilisé pour équiper les contrepoids servant à lester l'avion et qui serait encore présent dans 1 avion sur 13 volant aujourd'hui. Une enquête menée par le magazine Sciences&Avenir, en décembre 2000, révèle que ces contrepoids " ne sont pas dangereux par irradiation directe " mais que " manipulés sans précaution, ou lors d'un crash d'avion, des poussières d'uranium appauvri sont rejetées dans l'air. Dans les deux cas, ces microparticules inhalées se révèlent très toxiques. " Cet uranium doit être " rendu " après démontage à la compagnie ou au constructeur propriétaire de l'avion responsables de ce composant, précise Bartin Group...
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