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Prévention, évaluation, sensibilisation : l'INRS a pour objectif la sécurité et la santé de l'homme au travail. Dans le cadre d'une de ses campagnes, l’institut a cherché à évaluer la pollution en manganèse -un neurotoxique- et l'efficacité des dispositifs de protection des salariés dans les centres de recyclages des piles. Dans l’une de ces entreprise de recyclage de piles alcalines et salines, outre les niveaux préoccupants de manganèse observés, l'INRS a fait une "découverte" imprévue : la présence de benzène – un cancérigène avéré pour l'homme- et d'Ethylène Glycol Diméthyl Ether (DGME), un éther de glycol classé toxique pour la reproduction. "Personne ne s'y attendait, pas même le recycleur", commente Fabien Gerardin du département Ingénierie des procédés à l'INRS. Cette présence anormale serait due à l'imprégnation par le benzène du noir de carbone de la cathode des piles alcalines. "Sur cinq marques différentes de piles, trois pouvaient contenir du benzène," précise Fabien Gerardin. Si les mesures faites par l'INRS sont "à des niveaux préoccupants", impossible de savoir si cette présence était oui ou non supérieure aux normes autorisées, l'information est confidentielle. La présence de ces substances n’étant pas connue, on ignore si les conditions de travail habituelles permettaient une protection suffisante des salariés. Or, potentiellement, tous ceux, qui à une étape du processus de recyclage mettent en œuvre des températures propices au dégagement de benzène, ont pu être exposés. Comme le rappelle Fabien Gerardin, "il s'agit d'une situation à risque et c'est cette information que nous portons à la connaissance des entreprises de la filière. Nous allons maintenant travailler pour voir comment on peut éliminer simplement ces résidus organiques polluants des procédés de recyclage." Quant à la présence d'Ethylène Glycol Diméthyl Ether (DGME), qui n'est pas utilisé dans les piles alcalines et salines, elle proviendrait d'un défaut du tri des piles au lithium, qui, elles, en contiennent. Elles se seraient retrouvées dans la chaîne de recyclage parce que confondues avec des piles alcalines. Pour Fabien Gerardin, "les piles au lithium ne devraient pas se retrouver dans le même bac de collecte que les alcalines ou les salines. Mais cela devient compliqué pour le consommateur et peut devenir vite dissuasif s'il y a plusieurs types de collecte. Pourtant, il reste encore à optimiser la collecte et le tri des piles." Rappelant qu'une entreprise est soumise à une obligation légale de moyens de veiller à l'absence de mise en danger de la santé des salariés, il ajoute que : "le rôle de l'INRS est d'informer et d'alerter les industriels et c'est ce que nous faisons dans ce cas. Il ne s'agit en aucune manière de remettre en cause une filière. Nous travaillons en partenariat avec les entreprises." Après avoir alerté les Caisses Régionales d'Assurance Maladie, l'INRS souhaite que les responsables d'établissements traitant ces déchets tiennent compte de ces nouveaux éléments dans leur évaluation des risques. Recyclage des piles : peut mieux faire La découverte de l'INRS tombe mal pour une filière qui peine encore à s’installer (voir article lié). Le dernier rapport de l'Observatoire des piles et accumulateurs, piloté par l'ADEME fait état de plus de 775 millions de piles –soit 25 790 tonnes- mises sur le marché en France en 2003. Si le rapport pointe un progrès de la collecte, Les Amis de la Terre répondent que "deux piles sur trois finissent encore à la poubelle," alors que collecte et recyclage des piles sont obligatoires depuis 2001 en France. Dans un communiqué, l'ONG dénonce une filière où "les professionnels ont mis en place une organisation a minima pour satisfaire la législation" et le manque de "sensibilisation auprès du public qui reste le principal point noir." Nous sommes encore loin en effet des taux de collecte de plus de 60% observés en Suisse et dans les pays nordiques.
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