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Générateur à hydrogène
(Fuel Cell Energy)

Entreprises \Environnement

La révolution hydrogène viendra de la génération électricité

Le nouveau siège de CondeNast, à New York, marque le renouveau du quartier de Times Square. Ce bâtiment cache toutefois l'une des principales révolutions architecturales du 21ème siècle : c'est la première tour de cette taille qui intègre les concepts de l'architecture durable. Outre les 19 étages supérieurs équipés de parois avec panneaux photovoltaïques, deux générateurs de la taille d'un container constituent l'innovation principale de ce bâtiment : ces générateurs électriques propres utilisent la technologie des membranes à hydrogène.


Premier marché : la génération d'électricité sur site


Pendant que les médias se focalisent sur la future révolution qu'apportera l'hydrogène au secteur automobile, les grands groupes de fourniture énergétique mondiaux mettent au point leur prochaine gamme de générateurs électriques à hydrogène. Les groupes Siemens et Allied Technologies proposent déjà de tels produits et devraient bientôt être rejoints par le leader mondial, General Electric.
La difficulté à s'approvisionner directement en hydrogène gazeux a contraint ces industriels à rechercher des sources existantes et courantes de produits facilement transformables. Les principaux générateurs électriques à hydrogène actuellement commercialisés, comme ceux installés dans le CondeNast building, extraient l'hydrogène à partir du gaz de ville. Les molécules de cet hydrocarbure sont ainsi séparées en carbone et en hydrogène afin de permettre le processus chimique de combustion entre l'oxygène et l'hydrogène. L'énergie produite est toutefois beaucoup plus respectueuse de l'environnement et non productrice de gaz à effet de serre.


Le charbon : une énergie bientôt propre ?


L'arsenal technologique des militants écologistes pourrait bientôt être complété d'un allié inattendu : le charbon. Cette source fossile, qui est l'un des principaux contributeurs aux émissions de CO2 mondiales, est en effet actuellement en voie de se trouver une nouvelle application à la fois économique et écologique. Le 13 août 2003, l'entreprise FuelCell Energy a ainsi livré au distributeur électrique américain Global Energy une centrale électrique à hydrogène de 2 Mégawatt alimentée par un gaz dérivé du charbon. "FuelCell Energy démontre qu'il est possible de générer de l'énergie à partir du charbon sans avoir recours à la combustion. Cette application réduira significativement les émissions de polluants et augmentera le rendement énergétique de cette énergie fossile," déclare le PDG de l'entreprise, Jerry Leitman.

Cette possible mutation de l'impact environnemental du charbon paraît tenir de l'alchimie. Elle n'en demeure pas moins très sérieuse. La technologie employée évite la combustion du charbon tant dans l'extraction de l'hydrogène que dans la génération électrique elle-même. Les émissions constatées ne représentent ainsi qu'une fraction de celles occasionnées par les centrales à combustion. Pour Harry Graves, le PDG de Global Energy, l'avenir de cette filière d'approvisionnement en hydrogène est d'autant plus prometteuse que "les dernières avancées technologiques en matières de production de gaz synthétiques issus de matières fossiles (charbon et lignite) promettent un prix d'achat inférieur à celui du gaz naturel."


Une compétitivité "prix" grâce à la production de masse


Si cette technologie est encore en plein développement, il est déjà possible d'envisager une production de masse pour 2005. Cette phase industrielle sera cruciale pour la généralisation de ces produits. Il sera nécessaire de diviser par 4 ou 5 le coût actuel de production, un objectif de gain de productivité réalisable entre la pré-série et la série.

Pour l'instant, cette technologie est essentiellement adoptée par des entreprises prêtes à payer plus cher pour une énergie propre. Mais elle dispose d'un bon potentiel de développement outre-atlantique : la crise énergétique californienne et la panne électrique qui a touché la côte Est en août 2003 ont relancé le débat énergétique américain notamment sur l'inadéquation de l'infrastructure de distribution aux besoins actuels. Les distributeurs électriques américains sont, aujourd'hui, particulièrement réticents à investir dans leurs capacités de distribution. Elles offrent des retours sur investissement incertains et promettent des relations publiques délicates tant l'hostilité des riverains face aux projets de lignes à haute tension est forte.
Ce retard structurel américain devrait favoriser le développement de la génération électrique sur site comme principale source d'approvisionnement énergétique de nombreux bâtiments et usines. Le cabinet de conseil Allied Business Intelligence (ABI) prévoit ainsi que 300 000 mégawatts seront ainsi produits en 2011 (l'équivalent de 200 tranches de centrales nucléaires) contre 20 000 aujourd'hui. A l'horizon 2012, la filière hydrogène pourrait représenter plus de 5% de ce marché.

Pierre-Marie Coupry
Mis en ligne le : 01/12/2003
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