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Boycott, pétitions, affiches géantes....Tous les moyens sont bons pour sensibiliser les consommateurs, distributeurs et importateurs allemands au problème du bois tropical. L'accent est mis sur l'Indonésie où la déforestation a atteint un point critique. Or, si les actions ont pu amener certains grands distributeurs allemands a changé de politique, d'autres se montrent inflexibles, voire donnent des labels écologiques à tort . Les associations dénoncent nons seulement ces abus, mais aussi le rôle joué par les institutions financières, qu'elles soient publiques ou privées, dans l'attribution de crédits aux entreprises opérant sur place.
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« Le fait que nous ayons trouvé des traces de bois exotique importé illégalement dans tous les endroits que nous avons examiné ne peut être uniquement le fait du hasard. Au WWF, nous estimons que le problème du bois exotique a pris en Allemagne des proportions énormes.» s'indigne Martin Geiger, expert en bois tropical au WWF. L'association a notamment démontré que deux entreprises allemandes du port de Bremerhaven, dans le nord du pays, ont importé du bois d'un fournisseur indonésien PT Asia Forestama Raya (PT AFR) provenant de réserves naturelles où l'abattage est interdit. Un des plus grands distributeurs de papier allemand, Papier Union, est soumis à une pression très forte des associations environnementales allemandes mais aussi anglo-saxonnes et indonésiennes. L'entreprise au chiffre d'affaire de 550 million d'euros se fournit en bois notamment auprès du fournisseur April dont le siège est à Singapour. Selon les associations, April est responsable de l'abattage de 220 000 hectares de forêt sur l'île de Sumatra et a annnoncé qu'elle prévoyait, d'ici 2008, l'abattage de 147000 hectares supplémentaires. Or, si rien n'est entrepris, la Banque mondiale estime qu'en 2005, la disparition de la forêt tropicale de l'île de Sumatra sera quasi complète. « Ni Papier Union, ni April n'ont - jusqu'à présent - laisser entendre qu'ils allaient changer de politique » relève Ute Bertrand, porte-parole de l'association Robin Wood. La porte-parole explique également le cercle vicieux que le financement de l'industrie du bois et du papier en Indonésie a entraîné : les banques et institutions financières ont investi, dans les années 90, plus de 15 milliards de dollars dans ce secteur. Le faible coût du bois provenant des forêts tropicales a permis de baisser le prix de la production de ouate de cellulose et du papier que l'on en tire. Cela a fait baisser les prix du cours mondial et entraîné les industries a produire plus, pour pouvoir rembourser leurs crédits. « Un manager nous a expliqué que l'industrie du papier et de la ouate de cellulose aura recours aux plantations une fois qu'elle n'aura plus la main sur le bois tropical, qui est meilleur marché », ajoute Ute Bertrand. Les associations en appellent aux distributeurs et grands magazins allemands pour qu'ils renoncent à la vente de meubles en bois tropical et utilisent plus de papier recyclé. Elles ont obtenu un certain succès dans la mesure où des entreprises comme la Deusche Post ou Karstadt ont accepté de ne plus utiliser de papier d'origine tropicale. « Il n'en demeure pas moins que les importateurs de bois tropicaux doivent modifier leurs pratiques commerciales et utiliser du bois issus de plantations écologiques. Le gouvernement se doit également de renforcer la législation et les contrôles douaniers afin de permettre une meilleure traçabilité du bois importé », résume Iris Menn, de Greenpeace Allemagne.
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