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Le super U de Thouars ouvrira ses portes en septembre 2007. Premier supermarché français doté d’une couverture photovoltaïque de 2000 m2, sur une surface totale de 3000 m2, l’installation produira environ 100 000 kWh, vendus à EDF à raison de 55 centimes d'euros le kWh. Le magasin comportera aussi un système de récupération des eaux de pluie, des tubes néons à basse consommation et des vitrines réfrigérantes sans éclairage interne. « Je pensais bien que l’on pouvait faire autre chose qu’une surface d’étanchéité sur le toit d’un supermarché », explique Jacky Barriet, propriétaire du magasin qui remplace le précédent. « Je ne voulais pas m’enfermer dans une logique seulement commerciale, et adopter un autre regard pour la conception de cette grande surface de 4500 m2 et 1200 m2 de galerie "raconte ce quadragénaire, diplômé d’un DUT de commerce. "Je me suis donné comme règle de ne pas consommer plus d’électricité que l’ancien magasin, soit 2,5 millions de kWh par an, avec un bâtiment deux fois plus grand. »
Jacky Barriet s’est adressé au bureau d’études ACE (Applications climatiques et électriques), qui a commencé à prospecter en 2004. « Je leur ai fait part de mes réflexions. Les solutions existantes pour les toitures de supermarché étaient peu nombreuses et inadaptées. Pour installer des panneaux classiques, il fallait réaliser une première couverture d’étanchéité et renforcer la structure de la charpente, pour tenir compte du poids supplémentaire. Et puis il y a un an et demi, je suis tombé sur un article de presse évoquant une membrane d’étanchéité avec des cellules photovoltaïques intégrées. J’ai contacté aussitôt le fabricant.» La membrane qui protège à la fois des intempéries et capte l’énergie du soleil, rassemble deux installations en une seule, et sa positon horizontale n’entraîne qu’une déperdition de 10% par rapport à des panneaux installés à 45°. Sa puissance est entre 85 kWc (Watt-crête, puissance fournie sous un ensoleillement de 1 000 W/m2 à 25 °C). Des chemins de passage séparent les modules tous les 50 centimètres. Seul problème : l’investissement nécessaire s'élevait à près d’un million d’euros et était trop élevé pour le directeur du magasin. « Le projet ne rentrait pas non plus dans le cadre prévu pour les aides aux projets photovoltaïques » confirme Blandine Allain, chargée de mission énergie solaire à l’Agence Poitou-Charentes énergie déchets eau (APCEDE).
Subventions écologiques
Dans la mesure où le supermarché intègre une démarche écologique globale, le projet a pu être intégré aux opérations exemplaires du Fond régional pour la maîtrise de l’énergie, les déchets et le développement durable, financé par l’Ademe Poitou-Charentes, la région et l’Europe (Feder). Il a ainsi bénéficié d’un financement de 20% du coût global du toit, soit 116 869 € HT. « Cette aide m’a permis de sortir de l’impasse financière" souligne Jacky Barriet. "Sans elle, je n’aurai pas pu réaliser ma démarche globale de respect de l’environnement. » Le surcoût lié à la membrane solaire sera amortie sur douze ans. Les tubes néons ont eux été équipés de « ballast électronique », qui réduisent de 25% leur consommation électrique, et augmentent de 50% leur durée de vie. Les éclairages des vitrines réfrigérées, qui augmentent les besoins énergétiques de production du froid, ont été retirés. Ils ont été remplacés par des luminaires extérieurs, équipés de déflecteurs asymétriques, qui renvoient la lumière vers les vitrines. « Quand on voit le résultat, on se demande pourquoi ce système n’est pas installé partout » s’interroge le directeur de l'établissement. L’installation d’un système de récupération des eaux de pluie a été autorisée par la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) à la condition qu’un agent de maintenance soit présent pour éviter le mélange de l’eau de ville avec celle du ciel. Une cuve de 150 m3, enterrée dans le sol, alimente les sanitaires et le système d’arrosage automatique des pelouses extérieures. Le trop-plein remplit une citerne anti-incendie de 550 m3 et fournit également l’eau de la station de lavage du supermarché. L'autonomie est d'environ cinq semaines. Même pour les fondations, il a été tenu compte du développement durable. La hauteur du bâtiment a été modifiée pour utiliser les remblais du précédent magasin construit sur le site et éviter leur évacuation par camion. Cette initiative fait déjà des émules. Un Hyper U en construction dans une autre commune, Saint-Hilaire-de-Riez, envisagerait de recouvrir son toit de 8000 m2 de capteurs photovoltaïques. Le président de Système U, Serge Papin, appuie la démarche eet a fondé Ecovalor, système de récupération et de valorisation des déchets et de réduction des emballages des produits de marque U.
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