|
Pour la 3ème année consécutive, l'agence de notation Vigeo a évalué la progression du groupe sur ses 12 engagements en matière de développement durable. En progression depuis 2007, Suez-Lyonnaise des eaux obtient cette année la note de 73/100, ce qui selon Nicole Notat, présidente de l'agence, « démontre un socle solide, mais une marge de progrès certaine pour garder son statut de pionnier et de leader ». L’évaluation souligne ainsi « la création de bonnes pratiques et leur diffusion interne », notamment sur la préservation de l’eau et la pollution, mais identifie des « marges de progrès » sur le volet social et sociétal des engagements. L’accès à l’eau pour les plus démunis, l’intégration des jeunes et des handicapés ainsi que la sensibilisation des clients à la gestion durable de l’eau devront donc progresser en 2010…Sa capacité à anticiper et à repérer les enjeux de demain sont également déterminants dans un domaine aussi essentiel et menacé. D’où la volonté affichée par le groupe de se préparer aux changements du 21ème siècle. « L’ère de l’eau inépuisable et inaltérable est terminée, analyse Isabelle Kocher, directeur général du groupe. La question de la pollution et de la dégradation de la ressource, via la contamination chimique et médicamenteuse, se pose. L’avenir est à la protection de la ressource et à la gestion des risques climatiques qui pèsent sur son avenir». Ces nouveaux défis pèsent aussi sur le modèle économique de l’entreprise, dont la rentabilité est conditionnée à une consommation massive de l’eau. « Jusqu’ici, plus on distribuait de m3 et plus c’était intéressant pour nous. Un modèle aujourd’hui en décalage avec les enjeux, » confirme Isabelle Kocher. « De même, la gestion de l’eau, son prix et sa nature de bien public ou privé sont des sujets de plus en plus discutés publiquement », ajoute-t-elle. Bien public, bien privé? D’où l’initiative lancée par l’entreprise de créer une plateforme de consultations d’experts et de parties prenantes sur le sujet, intitulée « Idées nouvelles sur l’eau » et représentée par Erik Orsenna. L’académicien travaille en effet depuis trois ans sur cette question et présidera une session sur la « Valeur et le prix de l’eau ». Pour lui, les débats actuels sur le prix et le principe même de faire payer l’eau sont « très crispés » en France, car souvent frappés d’idéologie . Erik Orsenna, qui se défend « d’arriver avec des idées préconçues », estime « qu’il faut désormais « sortir des références du 20ème siècle dans lesquelles le débat est englué … ». On pourra objecter toutefois que ce type de débat n’est pas nouveau et que de nombreuses contributions et autres forums sur l’eau existent déjà sur Internet, ainsi qu’au sein même des agences de l’eau. Pour la Lyonnaise, il s’agit « avant tout d’une démarche d’entreprise, qui ne peut pas être absente du débat et qui répond aux interpellations de ses clients ». Pragmatique, Erik Orsenna estime de son côté que l’initiative d’un groupe comme Suez-Lyonnaise des eaux « a plus de chances de retenir l’attention et d’être entendue que les forums et chats sur le net ».
|