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2,2 milliards de dollars par an. C’est l’évaluation que fait le cabinet de consultants britanniques TruCost* de l’impact et des effets sur l’environnement des 3000 plus grosses sociétés mondiales. Pourtant, peu d’entre elles ont aujourd’hui pris des initiatives pour mesurer et intégrer la biodiversité dans leurs projets, note avec déception le TEEB (groupe de travail sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité) dans un rapport publié le 13 juillet : « Economie des écosystèmes et de la biodiversité des entreprises ». Ce rapport spécialement dédié aux entreprises sera intégré au document de synthèse diffusé lors de la réunion de la convention sur la diversité biologique à Nagoya, en octobre prochain. Un business dépendant de la nature Aujourd’hui, une grande partie de l’activité des entreprises est liée aux services rendus par les écosystèmes : on estime par exemple que 25 à 50 % des 640 milliards de dollars générés par le marché pharmaceutique provient des ressources génétiques ou que la contribution des insectes pollinisateurs à l’agriculture s’élève à 190 milliards de dollars chaque année. Pourtant, une étude de Price Waterhouse Cooper montre une prise de conscience extrêmement diverse entre les dirigeants de sociétés du Nord et du Sud : 53% des dirigeants interrogés en Amérique latine et 45 % en Afrique considèrent que l’appauvrissement de la biodiversité est une menace pour la croissance économique. Mais cette inquiétude est partagée par seulement 18 % de leurs homologues en Europe de l’Ouest et 14 % d’entre eux en Amérique du Nord…
| Boom économique pour la protection de la biodiversité |
Selon les données récoltées par Forest Trend et Ecosystem Marketplace, - Le marché des produits agricoles certifiés : en 2008, il dépassait les 40 milliards de dollars. En 2020, il pourrait atteindre les 210 milliards. - Les mesures de restaurations (ex : réhabilitation des berges en zones humides aux USA) : il devrait passer de 3 milliards de dollars 2008 à 10 milliards en 2020. - Le coût des opérations de compensation de carbone biologique ou forestier (incluant la baisse des émissions dues au déboisement ou la dégradation des forêts) : il devrait exploser d’ici à 2020 en passant d’à peine 21 millions de dollars en 2008 à 10 milliards. |
Dommage, car pour Achim Steiner, le secrétaire général adjoint des Nations Unies et directeur exécutif du PNUE, « nous entrons dans une ère où les marchés et les consommateurs réagissent quand des ressources naturelles ou brutes d’une valeur de plusieurs milliards de dollars disparaissent. La façon dont ces entreprises prendront en compte ces risques, réalités et opportunités déterminera leur rentabilité, leur image sur le marché et leur modèle de développement dans les prochaines décennies sur une planète de 6 milliards d’habitants qui en comptera plus de 9 en 2050. » Une enquête d’opinion menée par Ipsos montre en effet qu’un nombre croissant de consommateurs : 60% des personnes interrogées en Amérique/Europe et plus de 90% au Brésil, se disent inquiètes de l’appauvrissement de la biodiversité. 80% des consommateurs interrogés déclarent même qu’ils n’achèteront plus les produits de sociétés où la politique d’approvisionnement n’est pas éthique. Certes, l’on sait qu’il existe un grand écart entre les déclarations d’intention et les actions des consommateurs mais les investisseurs eux-mêmes sont à la fois de plus en plus intéressés par les nouvelles opportunités qui peuvent découler de la sauvegarde de la biodiversité et de plus en plus préoccupés par les risques potentiels en cas de perte. La banque hollandaise Rabobank a ainsi défini des critères spéciaux pour l’impact du soja et de l’huile de palme sur la biodiversité. Des outils existent déjà Pour les entreprises, le premier pas est donc d’évaluer les impacts et la dépendance de leurs biens et services aux écosystèmes et à la biodiversité, estime le TEEB. Certaines montrent la voie, comme le géant minier Rio Tinto qui s’est engagé, en 2004, à avoir un impact positif net sur la biodiversité. D’abord l’entreprise a réduit son empreinte en évitant et en réduisant certaines de ses activités puis pour obtenir un impact positif elle a utilisé la compensation et les actions de conservations additionnelles. Avec des associations, elle a aussi développé des outils de mesures de la valeur de la biodiversité de ses sites et les publie désormais sur son site internet. Mesurer l’impact sur la biodiversité est un travail auquel s’attelle de nombreux acteurs. Dans le secteur financier un outil évaluant « la performance en termes de conservations de la biodiversité et la gestion des ressources naturelles » est en cours de conception. Il devrait avoir une influence dans les choix d’investissement de l’IFC, la branche de la banque mondiale pour le secteur privé mais aussi de la soixantaine de banques multinationales qui ont adopté les principes d’Equateur. Cela concerne selon le rapport le financement de projets dans les pays émergents pour un montant de 10 millions de dollars. Mais des efforts doivent encore être déployés par les associations professionnelles pour élaborer de nouveaux outils permettant d’intégrer la biodiversité à la comptabilité des entreprises. L’étude n’oublie pas le rôle des gouvernements qui peuvent créer un environnement efficace en arrêtant les subventions qui favorisent le réchauffement climatique, en offrant des exemptions de taxes ou pour les investissements en faveur de la conservation de la nature ou en développant de nouveaux types de droits de propriété pour les écosystèmes … * dans un rapport à paraître prochainement
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