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« Originaire de Nouvelle Calédonie, j’ai immédiatement reconnu cette espèce d’oiseau à l’écran lors de la diffusion de Koh Lanta », explique Caroline Idoux, attachée de presse de la LPO (Ligue de protection des oiseaux). Ce 2ème épisode, diffusé le 8 juillet, a rassemblé près de 7 millions de téléspectateurs, qui ont pu regarder les participants massacrer, puis consommer une espèce fragile et protégée de Nouvelle Calédonie, les oiseaux marins appelés « Puffins Fouquets ». La Société Calédonienne d’Ornithologie (SCO) a également alerté la LPO, confirmant les faits, qui se sont produits en pleine période de nidification. La Nouvelle-Calédonie abrite en effet plus d’un tiers (soit environ 50 000 couples reproducteurs) de la population mondiale de Puffins Fouquets, appelés localement pétrels. « D’après nos informations, des Puffins auraient été consommés tout au long des 40 jours de tournage, affirme la LPO. D’autres espèces ont également été touchées : bénitiers, chauves-souris. Aujourd’hui le mal est fait, mais il ne saurait rester impuni. Il faut rappeler que la Nouvelle-Calédonie possède des écosystèmes magnifiques mais fragiles ». Selon l’UICN France (Union mondiale pour la nature), la Nouvelle-Calédonie abrite 2423 espèces de plantes et 111 espèces terrestres uniques au monde (dont 23 espèces d’oiseaux). Cet archipel du Pacifique Sud constitue une zone très riche mais très menacée, et dont la protection est reconnue comme prioritaire au niveau mondial. TF1 « pas informée »
Alertée par la LPO, TF1 a répondu que la société Adventure Line Production, productrice du jeu Koh Lanta, s’était renseignée sur les espèces protégées auprès de la gendarmerie locale et…de la SCO, qui aurait affirmé « ne désirer protéger les Puffins qu’en province Nord », ce qui semble en effet peu crédible. Contactée par Novethic, la société de production confirme qu’elle n’a pas obtenu les bonnes informations. Interrogée sur le fait de trouver normal qu’on tue ces oiseaux marins pour les consommer ensuite, elle répond qu’ « elle ne voit pas de différence entre ces oiseaux et les poulets tués pour être mangés ». Une comparaison douteuse, car le poulet, majoritairement élevé en batterie, est tout sauf une espèce rare en voie de disparition… De son côté, la SCO a démenti formellement avoir été contactée par Adventure Line Production et demande à TF1 « de rectifier les propos tenus et de faire connaître son erreur ». La chaîne affirme par ailleurs que la société de production aurait consulté les autorités républicaines et coutumières au sujet de la chasse du Puffin. Or, la Province Sud -qui a par ailleurs participé au financement du tournage de l’émission-, affirme « ne pas avoir été informée de la destruction des puffins » et vient de demander une participation à TF1 et à la société de production pour financer la prochaine campagne de protection des oiseaux marins . Faisant suite à la dénonciation des associations de protection des animaux, la Province sud a tenu à préciser dans un communiqué qu’elle avait été « la seule collectivité à s’intéresser aux oiseaux marins et ce, dès 1993, en initiant un inventaire des différentes espèces et une évaluation de leurs abondances respectives (…) ». Le tournage de l’émission ayant été tenu secret, la Province sud affirme « ne pas avoir été informée de cet incident et déplore que la société de production n’ait pas fait preuve de la vigilance nécessaire en la matière ». « Couper les scènes de barbarie »
Enfin, le « service accueil des téléspectateurs » de TF1 répond à leur mécontentement en affirmant que la Ligue pour la Protection des Oiseaux ne considérait pas ce puffin comme protégé. La LPO, qui n’a jamais été consultée par TF1, a démenti formellement cette affirmation et a demandé à la chaîne de rectifier les propos tenus. Un courrier a été envoyé au CSA et une plainte pourrait être déposée dans les jours qui viennent contre TF1. « Le mal est fait, puisque les épisodes ont été tournés, déplore Caroline Idoux. Mais nous souhaitons d’une part que les scènes de barbarie soient coupées au montage, et d’autre part qu’un message de prévention soit diffusé avant chaque épisode pour sensibiliser les téléspectateurs, qui en deux heures de temps, peuvent être amenés à penser que la nature est un bien que l’on peut saccager sans état d’âme». Par ailleurs, même si le jeu est basé sur la survie des participants, « il existe bien d’autres ressources à cet endroit qui leur permettait de se nourrir », souligne-t-elle. En conclusion, voici ce que TF1 affirme dans la rubrique « Développement durable » de son site Internet : « sous l'impulsion de la direction générale, les différentes sociétés du groupe (l'Antenne TF1, les chaînes thématiques, TF1 Vidéo, TF1 Entreprises…) sensibilisent et éduquent, tout au long de l'année, les téléspectateurs au respect et à la protection de l'environnement au travers de leurs programmes et produits ».
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