![]() Entreprise \Environnement \Gestion des ressources naturellesAuchan lance une filière de pêche responsableLe groupe Auchan s'est associé avec une entreprise brésilienne pour commercialiser un poisson à faible empreinte écologique, le tilapia. Cette filière de pêche durable comporte également un volet sociétal, en permettant aux communautés locales d'atteindre un niveau de vie correct dans une des régions les plus pauvres du pays.
Le tilapia deviendra-t-il l' "anti perche du Nil" ? C’est en tout cas l’objectif visé par le groupe Auchan, qui lance dans ses magasins une nouvelle espèce de poisson issu de l’acquaculture dans la région de Jotoba au Brésil. Rappelons que la responsabilité du secteur agro-alimentaire est majeure s’agissant des ressources halieutiques : en 2004, plus de 50% des stocks mondiaux étaient exploités au maximum de leur capacité et plus de 25% sont totalement surexploités, notamment en raison de la hausse de la demande des pays occidentaux. En France, 70% de la distribution des produits de la mer se fait en hypermarché et supermarché. "Globalement, les océans ont perdu 50 à 90 % des stocks des poissons les plus appréciés des consommateurs, tandis que la demande mondiale ne cesse de croître," souligne Jacques Le Cardinal, responsable des poissonneries Auchan. Le groupe, qui est un des premiers acteurs sur ces produits avec 11,7% de parts de marché et plus de 40 000 tonnes commercialisées chaque année, a mis en place plusieurs actions pour rendre son offre de poisson plus responsable, comme l’ont déjà fait Carrefour ou Intermarché. "Nous ne distribuons que des poissons ayant atteint la taille nécessaire à la reproduction, indique Jacques Le Cardinal. De même, nous ne commercialisons plus de bar sauvage capturé sur les zones de reproduction, de décembre à mars, afin de protéger l’espèce. Et Auchan encourage la consommation des productions durables, avec des huîtres et moules majoritairement produites sur les côtes françaises, ayant une faible empreinte écologique." Campagne "SOS ta mer" de Greenpeace
L’ONG a lancé un guide "à l’usage du consommateur responsable," expliquant qu’il n’est "pas question de cesser de consommer du poisson mais bien d’en consommer différemment." Le guide relaie la campagne "SOS ta mer" de Greenpeace pour la sauvegarde des océans et des stocks halieutiques, notamment en Méditerranée. Une liste "rouge" recense les espèces à ne plus consommer en attendant que leur survie soit assurée (crevettes roses, flétan de l’Atlantique, cabillaud, églefin, merlu européen, saumon de l’atlantique, bar, sole, lotte…). Le guide donne par ailleurs des informations permettant de choisir des poissons pêchés en dehors des périodes de reproduction et correspondant à la taille minimale imposée par la réglementation.
Cette recherche de filières durables a conduit le groupe à s’intéresser au tilapia d’origine brésilienne, une espèce à chair blanche issue de l’aquaculture, produite selon un mode d'élevage écologique et garantissant une juste rémunération aux producteurs. La région de Jatoba, située dans l'Etat du Pernambouc, l'un des plus pauvres du Brésil, a en effet vu son développement stoppé par la construction d’un vaste barrage. Terres ensevelies, moindre fertilité des sols… la région commençait à connaître l’exode vers les favelas quand le père Antonio Miglio, appuyé par son diocèse, lance en 2002 un projet d’aquaculture avec le tilapia. Embryonnaire au début, la filière compte désormais 65 bassins d’élevage, qui produisent 260 tonnes de poisson. Et la viabilité économique de ce projet a eu des conséquences directes sur les revenus des employés, rémunérés 296 euros mois, soit plus de deux fois le salaire moyen au Brésil , qui est de 130 euros... "Actuellement, 2000 familles vivent grâce à la filière du Tilapia, précise Alexandro Castro e Silva, directeur de Netuno Alimentos, partenaire commercial de la filière. Cette démarche a fait école dans 5 Etats parmi les plus pauvres du Brésil qui souhaitent favoriser l'ancrage des populations en développant les activités locales et en appliquant de justes rémunérations." Auchan, qui est le premier distributeur français à commercialiser cette filière, a pour objectif d’atteindre 1 000 tonnes de tilapia par an et d’en faire son "produit d’appel" responsable, à côté des 6 espèces gérées durablement par sa poissonnerie (sole, plie, turbot, barbue, limande, sole et limande fraîche).
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