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L'organisation environnementale allemande Bund veut protéger, dans le cadre de son projet « bande verte » (Das grüne Band), la faune et la flore réfugiée dans l'ex-frontière entre les deux Allemagne. Principal danger : la construction de zones industrielles et l'extension de zones de cultures intensives. Le rachat par des particuliers de parcelles de ce terrain devenu soudainement accessible a toujours constitué une menace pour l'intégralité de cette ligne verte qui traverse un pays si densément peuplé et si fortement industrialisé. La question de la propriété est à l'origine de nombreux contentieux opposant l'Etat fédéral, les associations environnementales et les particuliers. Or l'annonce il y a peu du gouvernement de céder ses parts de terrain aux Ländern (collectivités régionales)sous condition d'en préserver l'écosystème pourrait mettre un terme à ces querelles. « L'annonce du gouvernement est un des plus grands et des plus beaux succès pour la protection de l'environnement en Allemagne. Sous peu, on pourra envisager un arrêt total des ventes de terrain, » se réjouit Liana Geidezis, en charge du projet à Nuremberg. Trois des cinq Ländern concernés par l'annonce du gouvernement, autrement dit les anciens territoires de l'ex-RDA traversés par la bande verte, ont déjà annoncé qu'ils acceptaient la proposition, prenant ainsi en charge l'administration et l'entretien du terrain. « Ce fut un travail de persuasion et de sensibilisation de très longue haleine que d'arriver à ce résultat, cela fait 14 ans que nous nous battons pour la préservation de la bande verte, » précise Liana Geidezis. Sur les 17 700 hectares que compte la bande verte, 65% sont détenus par le ministère des finances, 15% par les pouvoirs publics locaux, les 20% restants ayant été vendus au plus offrant ou redistribués aux anciens propriétaires. 50 espèces en voie de disparition Pour l'association Bund (Bund für Umwelt und Naturschutz), une association environnementale qui compte plus de 250 000 adhérents en Allemagne, il s'agit de préserver un lieu chargé d'histoire dont l'écosystème est riche et varié : « Sur les 109 biotopes que nous avons pu recenser, près de la moitié sont des espèces en voie de disparition, » relève la coordinatrice du projet. Afin de préserver au mieux ce territoire exceptionnel, selon l'adjectif employé par l'association, il est envisagé de développer des points d'intérêts touristiques alliant histoire contemporaine et environnement. « On peut toujours voir à certains endroits des miradors ou des routes cimentées qui servaient aux patrouilles motorisées, » note Liana Geidezis. Un conduit utilisée par l'ex-RDA pour introduire ses agents en « territoire ennemi » a également été découvert. Dans ce décor qui fleure bon les romans d'espionnage de la guerre froide, près de 30 kilomètres ont été spécialement aménagés pour les randonnées, de même qu'un parcours pour les cyclistes. Il est vrai que 85% de la bande verte se trouverait encore à l'état sauvage. Les actions « bande verte » Afin de contrer la mise en vente de parcelles de la bande verte, l'association Bund a décidé d'émettre, depuis 1999, ses propres « actions » pour lui permettre de racheter des portions de terrain. Il ne s'agit nullement d'actions ou de bons du trésor susceptibles d'être cotés en bourse mais le Bund a utilisé la forme de l'actionnariat pour son appel aux dons. Pour 65 euros, on peut acquérir une portion de bande verte et contribuer ainsi à sa préservation, selon l'association. Environ 4 800 « actionnaires » ont « souscrit » pour un montant d'environ 500 000 euros d'actions. Cette somme a permis le rachat de 150 hectares situés dans trois zones jugées sensibles. Parmi les « souscripteurs » les plus connus, on compte Michael Gorbatchev, 3 000ème « actionnaire ».
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