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Les participants ont discuté en dialoguant avec les délégations de fonctionnaires des ministères de l'environnement du G8 autour des questions suivantes : Quand doit-on ou peut-on réglementer et quand les démarches volontaires des entreprises en faveur de l'environnement sont-elles plus pertinentes ? Qu'attendent les ONG ou les syndicats de la part des entreprises ? Quelle est l'influence des acteurs financiers ? Comment peuvent s'articuler régulations nationales et internationales ? Points forts des débats : La place des démarches volontaires, c'est à dire d'initiatives collectives d'entreprises qui se fixent des objectifs de progrès en matière environnementale, a été précisée : celles-ci doivent obéir à certaines conditions pour être efficaces (masse critique de participants, contrôle, étapes mesurables) et peuvent s'articuler avec des instruments réglementaires ou s'appuyer sur des parties prenantes. Elles sont surtout utiles dans les phases amont, quand une réglementation est difficile à bien calibrer, elles servent alors à l'expérimentation. Elles peuvent aussi s'exercer au plan mondial, alors que les réglementations internationales qui mettent en jeu la souveraineté des Etats sont très complexes à mettre en œuvre. Le fait que la responsabilité environnementale soit une source de création de valeur pour l'entreprise constitue un autre point sur lequel la prise de conscience commune a pu être approfondie. Aujourd'hui, un très grand nombre d'entreprises voient dans leurs démarches pour l'environnement une perspective d'avantage concurrentiel, de motivation du personnel, de réduction des coûts, de diminution de risques de plus en plus sensibles. Les participants ont souligné qu'il est maintenant indispensable de développer les travaux de recherche, les études de cas, les outils d'information pour mesurer ces impacts, en prenant davantage en compte les effets induits sur la société, afin de diffuser les meilleures pratiques plus largement, notamment en direction des PME. Cette démonstration faciliterait la prise en compte de ces critères environnementaux par les acteurs financiers. Les représentants des grands investisseurs présents ont en effet exprimé à la fois leur intérêt pour ces approches et la difficulté de leur diffusion au-delà de l'investissement socialement responsable, qui reste très faible, même dans le monde anglo-saxon, une fois déduite la part de fonds éthiques qui se limitent à ne pas investir dans le tabac ou l'armement. Pour que se développent des démarches actives de grands investisseurs à long terme visant à influencer les entreprises, il faut à la fois plus d'arguments avérés sur le lien positif entre respect de l'environnement et réussite économique et plus d'information sur ce que fait réellement chaque entreprise. La dynamique créée par les agences de rating spécialisées a été à ce propos soulignée. En raison des caractéristiques des marchés actions, l'influence des grands investisseurs peut difficilement reposer sur la " sanction boursière ", alors que leur poids permet un impact direct lors des assemblées générales ou dans leur dialogue avec les entreprises. Tout acteur financier est attentif au couple rendement/risque. Sans revenir sur le lien entre performance environnementale et performance globale réaffirmé lors du forum, il a été rappelé par de nombreux intervenants que les risques écologiques individuels des entreprises sont croissants, ne serait-ce que parce que la société y attache beaucoup plus d'importance et que le risque de réputation représente aujourd'hui un enjeu clé. Ce langage du risque est très bien compris par le monde de la finance... Des méthodologies d'analyse des impacts environnementaux s'approfondissent et se diffusent, notamment sous l'égide des grands prêteurs internationaux (banque mondiale, BEI) ou des agences de garantie export de l'OCDE, qui ont présenté leurs démarches et l'influence qu'elles peuvent exercer sur le marché. Plusieurs témoignages ont montré qu'aujourd'hui, même dans des pays en développement a priori à moindre sensibilité écologique, les opérateurs ou les financeurs qui apportent un plus en matière environnementale sont jugés très favorablement. Dans de nombreux domaines, se sont des partenariats entre financeurs publics et acteurs privés qui peuvent permettre des investissements prenant mieux en compte la dimension environnementale (et sociale), parce qu'ils sécurisent les opérations et déplacent l'horizon vers le long terme. Les ONG ou les organisations syndicales ont surtout mis l'accent sur la gravité de la situation, notamment dans les pays du sud, sur l'urgence de certains défis environnementaux et ont manifesté leurs attentes vis-à-vis des pouvoirs publics pour que des réglementations contraignantes puissent s'appliquer à toutes les entreprises, au-delà des plus engagées qui témoignaient de leurs efforts. Celles-ci ne sont pas toujours opposées à une régulation, mais sont méfiantes face à des approches nationales ou limitées à des zones mondiales, qui créent des distorsions vis-à-vis d'entreprises concurrentes implantées ailleurs. Elles attendent cependant elles-aussi que les Etats puissent donner une " vision ", un cadre de long terme, comme le fait le protocole de Kyoto par exemple, pour faciliter les initiatives collectives, mais aussi permettre de se préparer pour des réglementations à venir. Les entreprises ont aussi insisté sur l'importance du rôle des ONG dans leur responsabilisation sur le plan environnemental. Enfin, parties prenantes et entreprises ont besoin de travailler à l'établissement de standards minimum, adaptés à chaque secteur d'activité, pour définir les principaux enjeux en matière environnementale et les indicateurs qui permettent de mesurer les impacts ou les progrès. Novethic était chargé par le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, en partenariat avec l'équipe Développement durable de la Caisse des dépôts, de la préparation du Forum et du rapport introductif aux tables rondes.
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