La moitié des entreprises belges ne respectent pas la loi sur la mobilité durable
|
Publié le 17-01-2007
|
|
|
|
Plus de 50% des entreprises Belges n'appliquent pas de politique de mobilité. C'est le constat d'une première enquête qui concerne plus de 1 million de salariés. Une loi adoptée en 2003 impose en effet aux entreprises de plus de 100 salariés de communiquer au gouvernement fédéral des données sur les modes de déplacement des salariés.
|
Entre les retards pour cause de bouchons, les risques d’accidents, le stress et les émissions de CO2, les arguments ne manquent pas pour réduire l’utilisation de la voiture par les salariés. Le premier diagnostic des déplacements domicile-travail publié par le gouvernement fédéral Belge révèle pourtant que 52,7% des entreprises ne s’interrogent pas sur le fait que 72,3 % des personnes utilisent ce mode de transport pour se rendre à leur travail. Début septembre 2006, 6 686 sociétés belges représentant plus d'1 million de salariés avaient déjà fait remonter, par voie électronique, au gouvernement fédéral les réponses à une enquête nationale qui découle de la loi du 8 avril 2003. Ce texte impose en effet à toutes les entreprises et institutions publiques employant plus de 100 personnes de répondre à une enquête très précise sur les modes de déplacement de leurs salariés pour se rendre au travail. L’objectif est de renforcer -ou à défaut- d’amorcer les réflexions sur le sujet de la mobilité. Chaque entreprise a dû se livrer à une enquête en interne auprès de ses salariés pour connaître leur mode de transport. La voiture individuelle apparaît donc sans surprise comme le moyen de transport privilégié. A noter que le taux d’utilisation de la voiture grimpe à 84,6% dès lors que le nombre des places de parking gratuit est suffisant. Seuls 5,1% des salariés vont travailler grâce à la formule du covoiturage. Le simple fait de proposer une banque de données de covoiturage comme le font 4,7% des entreprises permet de faire passer le taux de participation à 7,4%. Dans 2,1% des cas, les directions réservent des places au covoiturage tandis que 1,9% vont jusqu’à garantir un retour au domicile.
Au niveau des transports en commun, 14,3% des salariés déclarent les utiliser pour se rendre au travail. L’usage augmente quand l’employeur participe au financement. Il passe ainsi de 9 à 18% pour le train. Reste que seuls 19,2% des établissements allouent une indemnité de déplacement supplémentaire pour les usagers des transports en commun. Concernant l’usage du vélo, la situation est contrastée. En Flandres, 10% des salariés pédalent pour travailler contre seulement 1,2% en Wallonie et 1,1% à Bruxelles. Selon les rapporteurs de l’enquête, la topographie ne constitue pas la seule explication à ce décalage. Le « manque d’une infrastructure cycliste sûre » et le fort développement des transports collectifs expliquent aussi cela. 36,2% des établissements déclarent proposer une indemnité de transport complémentaire à ceux et celles qui utilisent un deux roues. Un garage à vélo couvert est disponible dans 32% des établissements. Toujours au niveau de l’infrastructure, 23% des sites mettent à disposition un vestiaire pour se changer et se doucher. Avec ces mesures incitatives, le taux d’utilisation du vélo passe à 7,6%. Cette première cartographie des déplacements domicile-travail révèle en outre les liens entre les modes de déplacements et la nature des horaires de travail. Les 31% de salariés travaillant sur des horaires fixes sont ainsi plus enclins à utiliser le transport collectif que ceux qui sont soumis à des horaires variables. Le rapport, publié sur le site du service public fédéral de la mobilité et des transports, montre enfin que le taux d’utilisation de la voiture passe seulement de 72,3% à 68,9% à partir du moment où un responsable mobilité est chargé de promouvoir des modes de transport alternatifs à celui de la voiture.
|
Rodolphe Hederlé
© 2007 Novethic - Tous droits réservés
|
|
|
|
|
Le Centre de Recherche
|
|
ISR
|
|
|
|
RSE
|
|
|
|
Conférences
|
|
|
|
English
|
|
|
|