Premier anniversaire du collectif Isolons la terre contre le CO2

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Publié le 28-06-2005

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Rassemblant une dizaine d'entreprises de la construction, le collectif Isolons la terre contre le CO2 a profité de la semaine du développement durable, début juin, pour fêter sa première année et rappeler son action. Engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique, ces industriels savent que 45 ans ne sont pas de trop pour atteindre une division par 4 des émissions du secteur bâtiment.

Les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments sont la deuxième source de pollution atmosphérique, après les transports, avec 100 millions de tonnes équivalent CO2 par an. Ce chiffre pourrait atteindre 125 millions de tonnes en 2015, en l'absence de mesures fortes. Conscients de l'enjeu, il y a un an, une dizaine d'industriels spécialistes de l'isolation, du vitrage et de la ventilation ont fondé le collectif "Isolons la terre contre le CO2." Des ciments Lafarge aux vitrages Saint-Gobain, il réunit les différents acteurs du bâtiment à même d'œuvrer pour une qualité énergétique optimale des bâtiments. "Nous étions plusieurs à faire le constat qu'il fallait à la fois lutter contre les émissions de CO2 et améliorer la maîtrise de la consommation d'énergie. Vu nos positions de leaders sur le marché des solutions techniques du bâtiment, il était de notre devoir de nous mobiliser," explique Pascal Eveillard, directeur marketing chez Saint-Gobain et porte-parole du collectif. C'est pourquoi, la stratégie de ce collectif repose sur l'amélioration de la qualité de l'enveloppe des bâtiments, de l'aération et des équipements de chauffage. "La contribution potentielle du bâtiment à la réduction des émissions de CO2 est importante. Nous  pouvons atteindre une division par 4 à l'horizon 2050 si nous nous y mettons dès maintenant. C'est techniquement possible et économiquement faisable," précise Pascal Eveillard et ajoute : "nous avons les solutions techniques, nous connaissons les process, il faut donc informer et communiquer."

"Bâtiments mal isolés, planète en danger"

Le slogan de la campagne du collectif "Bâtiments mal isolés, planète en danger" s'adresse, en premier lieu aux particuliers. "Le grand public ignore souvent qu'il existe une réglementation thermique et qu'une nouvelle version a été mise en place, la RT 2005. Il faut que, lors d'une construction ou d'une rénovation, il puisse poser les bonnes questions aux professionnels et que la réglementation soit respectée," explique le porte-parole. Mais le collectif sait qu'une telle démarche suppose l'implication de tous les acteurs de la filière : de l'entreprise de BTP au consommateur en passant par l'artisan. C'est pourquoi il multiplie les actions d'information et de sensibilisation auprès des professionnels et des collectivités locales. Par exemple, il est intervenu auprès de la communauté urbaine de Dunkerque pour former les professionnels à l'isolation et à la ventilation (voir article lié). Car si le bâtiment représente 1/4 des émissions nationales de CO2, ce volume continue de progresser et le chauffage continue de représenter 60% de la dépense énergétique de l'habitat. Pour Pascal Eveillard, "Ce qui est en jeu dans la diminution de la consommation énergétique face à l'augmentation du prix de l'énergie, due notamment à la raréfaction des ressources pétrolières, c'est aussi le pouvoir d'achat des ménages." A ceux qui évoquent le coût trop important d'un programme d'ampleur de rénovation des bâtiments, il rétorque : "Sur 45 ans, le coût d'une telle transformation est acceptable et réaliste. Il faut créer une dynamique volontaire et collective qui s'inscrive dans la durée, on ne changera pas tout, tout de suite." Le porte-parole du collectif ne cache pas non plus sur l'intérêt économique d'une telle évolution. "En effet, si un programme de rénovation du parc immobilier se met en place, nous vendrons plus d'isolation et de meilleurs systèmes de ventilation. Dans cette perspective, l'intérêt particulier des entreprises rejoint  l'intérêt général de lutte contre le réchauffement climatique et de maîtrise de la consommation énergétique."

L'enjeu principal est celui de la future loi d'orientation énergétique (LOE) qui passera en commission parlementaire avant l'été.  Si, en dernière lecture, les sénateurs ont ajouté en annexe l'obligation de diviser par 4 les émissions de CO2 d'ici 2050, la loi se contente de transposer principalement une directive  européenne où les obligations de performance énergétique ne concerne que les bâtiment neufs et la rénovation des grandes surfaces. "Ce n'est qu'une partie du parc existant, or tout le parc doit être renouvelé. Les intentions de la LOE sont bonnes mais les moyens prévus, financiers, organisationnels, ou réglementaires ne sont pas à la hauteur des intentions," déplore Pascal Eveillard qui reste néanmoins optimiste : "Il y a un an, personne ne parlait d'efficacité énergétique des bâtiments. Aujourd'hui, l'existence de la LOE témoigne de cette évolution des mentalités où ONG et collectif d'entreprises sont devenus des interlocuteurs incontournables."

Christophe Brunella
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